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"Le Front
patriotique rwandais (FPR) qualifie les éventuels
opposants politiques de « divisionnistes » et prend des
mesures
pour les réduire au silence afin de s'assurer la
victoire aux élections prochaines. A la fin mars,
le
Président Paul Kagame a prévenu qu'il infligerait des
« blessures » aux « divisionnistes » qui menacent de
saper l'unité nationale et a réprimandé les donateurs
étrangers qui donnaient de l'argent à des « gens pour
prêcher les divisions ». Lors d'un vote à l'unanimité,
l'Assemblée nationale de transition (ANT) a recommandé
la dissolution du deuxième plus important parti
politique du pays, le Mouvement démocrate républicain
(MDR),
pour cause de « divisionnisme ». Le MDR, allié politique
du FPR depuis 1992, a participé au gouvernement d'union
dirigé par le FPR depuis son établissement en 1994. Deux
officiers militaires de haut rang qualifiés de
« divisionnistes » ont fui le pays tandis que d'autres
étaient arrêtés ou « disparaissaient ». Un député de
l'Assemblée et d'autres citoyens ont aussi « disparu ».
La presse influencée par le gouvernement a servi de
caisse de résonance à ces critiques, attaquant nommément
parfois des personnalités comme le Premier Ministre. Les
responsables du pays et la presse ont lié le
« divisionnisme » aux perspectives d'un nouveau
génocide, alimentant ainsi les peurs et les tensions
entre les groupes qu'ils prétendent vouloir unir.
...

Le Président rwandais et chef du FPR Paul Kagame a
menacé son rival et d'autres dans plusieurs discours
récents. Le 31 mars, Kagame déclarait en public que les
élections "seraient conduites de façon pacifique et
transparente". Mais, faisant allusion à M. Twagiramungu
et à d'éventuels autres candidats, il ajoutait:
Je peux même dire que l'issue de ces élections est
connue. Ceux qui seront élus devront être des
individus 100 % en phase avec l'actuel agenda
politique, destiné à construire le pays. Ce sera le
cas et je suis sûr que c'est aussi là votre point de
vue et votre souhait de parvenir à la sécurité
nationale, à l'unité, au développement et à la
démocratie. Quiconque apporterait la division - car je
sais que les vues de ceux qui ont l'intention de
revenir sont fondées sur la division - ne sera pas
élu.
Dans le même discours, il
prévenait qu'il infligerait des « blessures » à
quiconque ne comprendrait pas ou ne tiendrait pas compte
de son message contre le « divisionnisme ». Recourant à
une métaphore menaçante, il ajoutait que quiconque
espérait tirer profit du « sorgho et du maïs » plantés -
référence plus politique qu'agricole - devait se
rappeler que « nous avons assez de machines pour écraser
les grains... » Evoquant sans la nommer la fuite de
plusieurs officiers de haut rang la veille (voir
ci-dessous), Paul Kagame annonçait encore que plusieurs
personnes seraient prochainement limogées de leurs
postes au gouvernement parce qu'elles étaient
soupçonnées de vouloir quitter le pays.2
"
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Union Européenne: Déclaration
préliminaire des élections présidentielles

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Dans
le régime FPR, Twagiramungu dénonce «une
monarchie républicaine qui se construit sur les
cadavres de mes concitoyens hutu et tutsi, de mes amis,
de mes frères et voisins, pour satisfaire les intérêts
d’une oligarchie sans autre projet que de détruire
ceux qui contestent son pouvoir, sous le seul prétexte
d’avoir arrêté le génocide».
Faustin Twagiramungu à Monique Mas le 18 juillet
2003
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L'appartement de Twagiramungu fouillé par la police
L'appartement de l'ex-Premier ministre et principal opposant rwandais
Faustin Twagiramungu a été fouillé mardi par la police rwandaise, qui le
soupçonne d'"atteinte à la sûreté de l'Etat" et d'"association de
malfaiteurs", a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
"Il y a eu mardi une perquisition accompagnée d'un état de siège, entre
10h00 et 18h00", a déclaré jeudi à l'AFP M. Twagiramungu, un Hutu modéré qui
a été crédité de 3,62% des voix à l'élection présidentielle du 25 août
remportée par le président sortant, Paul Kagame, avec 95,05% des suffrages.
"Les policiers m'ont montré un mandat signé par le procureur général
(Gérard) Gahima, dans lequel ils m'accusent d'atteinte à la sûreté de l'Etat
et d'association de malfaiteurs", a précisé le principal candidat de
l'opposition à la présidence.
Interrogé par l'AFP, M. Gahima a confirmé ces informations tout en se
refusant à préciser sur quels éléments précis se fondaient les accusations
d'"atteinte à la sûreté de l'Etat" et d'"association de malfaiteurs".
Tout au long de la campagne électorale, M. Twagiramungu a été accusé, par
les médias pro-gouvernementaux et par la Commission électorale nationale (CEN),
de prêcher le "divisionnisme ethnique".
Il s'agit d'une accusation grave, passible de prison, dans ce petit pays
d'Afrique centrale encore traumatisé par le génocide de 1994, qui a fait un
million de morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, selon une
estimation des autorités rwandaises.
"La police a fouillé jusque dans mon lit, elle a pris une vingtaine de
documents, surtout de la correspondance reçue de la part de sympathisants,
et m'a interrogé", a-t-il ajouté.
"Je peux confirmer, les policiers recherchaient des preuves dans le cadre de
leurs enquêtes sur un groupe d'une dizaine de personnes, dont fait partie M.
Twagiramungu", a expliqué pour sa part M. Gahima.
Il a toutefois assuré que ce dernier ne faisait l'objet d'aucune inculpation
formelle.
"Ils ne font qu'enquêter", a affirmé M. Gahima, refusant de préciser si ces
enquêtes pourraient aboutir à l'arrestation de M. Twagiramungu.
Selon le procureur général, le groupe de personnes concernées par l'enquête
comprend également Célestin Kabanda, l'ancien président du Mouvement
démocratique républicain (MDR), la principale formation à dominante hutue,
dissout avant la présidentielle pour "divisionnisme ethnique".
Avant le 25 août, M. Kabanda et quelques autres anciens membres du MDR ont
été interrogés à plusieurs reprises par la police. Le nouveau parti qu'ils
ont tenté de lancer, l'Alliance pour la démocratie, l'équité et le progrès (Adep-Mizero),
n'a quant à lui pas reçu l'agrément gouvernemental.
M. Twagiramungu, rentré en juin au Rwanda après huit ans d'exil volontaire
en Europe, a dans un premier temps dénoncé le résultat de l'élection
présidentielle, demandant, en vain, l'organisation d'un nouveau scrutin.
Jeudi, il a toutefois déclaré à l'AFP qu'il avait envoyé mercredi un
télégramme au président Kagame, reconnaissant sa victoire et l'invitant à
"respecter ses engagements".

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L'UE
appelle Kagame à étendre le processus démocratique
(AFP
30/08/2003)
BRUXELLES,
29 août (AFP) - L'Union européenne a appelé vendredi le président
rwandais Paul Kagame, qui a remporté lundi l'élection présidentielle,
à "ouvrir le processus politique à tous les partis démocratiques"
lors des prochaines élections législatives du 1er octobre.
La présidence italienne de l'UE, dans un communiqué diffusé
à Bruxelles, félicite "Paul Kagame pour sa victoire
(...) et note avec satisfaction que les élections se sont déroulées
dans le calme et ont enregistré un très haut niveau de
participation".
Cependant, elle souligne que la mission d'observation de l'UE
a constaté "des incidents, des actes de harcèlement et
d'intimidation, des disparitions et des arrestations de
membres de l'opposition politique".
L'UE note "avec inquiétude les difficultés rencontrées
par les partisans des partis d'opposition" et appelle
"le gouvernement rwandais à étendre la participation démocratique
en ouvrant le processus politique à tous les partis qui
partagent les principes démocratiques (...) dès les élections
législatives du 1er octobre".
Le Rwanda avait vivement réagi jeudi aux critiques de la
mission d'observation de l'UE, l'accusant de soutenir le
principal candidat d'opposition.
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Législatives au Rwanda: La campagne marquée par des arrestations
(observateurs UE)
(AFP
23/09/2003)
KIGALI, 23 sept (AFP) - Des arrestations
ont émaillé la campagne pour les élections
législatives au Rwanda, qui auront lieu
du 29 septembre au 2 octobre, a déclaré
mardi à l'AFP le chef adjoint de la
mission d'observation électorale de
l'Union européenne, Marie-Violette César.
"Plusieurs personnes qui
participaient à la campagne électorale,
dont un candidat, ont été interpellées,
voire arrêtées, pour campagne illégale
ou pour divisionnisme ethnique",
a-t-elle affirmé, sans donner de chiffres
précis.
Dans la plupart des cas, les personnes
interpellées ont été relâchées
rapidement, a-t-elle ajouté.
C'est le cas du candidat Bernard Ntaganda,
qui brigue un poste de député sur la
liste du Parti social-démocrate (PSD). Il
a été arrêté pour "campagne illégale",
puis relâché, a précisé Mme César.
Les arrestations pour
"divisionnisme" concernent des
personnes officiellement mandatées pour
faire la campagne de Célestin Kabanda, un
candidat indépendant, notamment dans les
provinces de Butare (sud du pays) et de
Kibungo (Est), a-t-elle ajouté.
M. Kabanda est l'ex-président du
Mouvement démocratique républicain (MDR),
la principale formation à dominante hutue
qui a été dissoute pour
"divisionnisme ethnique" avant
l'élection présidentielle du 25 août.
Avant ce scrutin, remporté par le président
sortant Paul Kagame avec 95,05% des voix,
M. Kabanda avait été interrogé à
plusieurs reprises par la police.
Les observateurs européens avaient relevé,
lors de la présidentielle, des "irrégularités
et fraudes", tout en soulignant
qu'elle marquait "un pas important
dans le processus démocratique".
Depuis le début de la campagne pour les législatives,
le 6 septembre, "aucun incident
violent n'a été signalé", a par
ailleurs déclaré Mme César. Elle a
toutefois rapporté l'annulation de
nombreux meetings pour des raisons mal élucidées.
"Dans la plupart des cas, les autorités
locales affirment que les candidats n'ont
pas signalé leur venue avec 24 heures
d'avance, comme prévu par la loi, alors
que les candidats ou les partis disent
qu'on veut entraver leur campagne",
a-t-elle expliqué.
Les élections législatives représentent
la dernière étape dans la transition
politique en cours au Rwanda depuis le génocide
de 1994, qui a fait un million de morts
parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés,
selon une estimation des autorités de
Kigali.
Elles sont annoncées comme les premières
vraies élections parlementaires
multipartites depuis l'indépendance de
l'ancienne colonie belge en 1962.
Trois partis et 20 candidats indépendants
(dont l'un a été autorisé à se présenter
après avoir gagné un recours) sont en
lice face à la coalition formée autour
du Front patriotique rwandais (FPR),
l'ex-rébellion tutsie de M.Kagame.
Mais les principaux partis d'opposition
ont été interdits d'activité et ne
peuvent donc pas se présenter à ces élections.
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Union Européenne: Déclaration
préliminaire des élections présidentielles
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