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Tumenye
Umukandida Faustin
TWAGIRAMUNGU
Mutura : un universitaire forcé de
voter à
l'aveuglette
Dans la commune de Mutura en province de Gisenyi dans le nord-est, un électeur
contacté par téléphone nous a informé qu'il n' y avait pas d'isoloir dans
son bureau de vote. Alors qu'il serait détenteur d'un diplome universitaire,
un bulletin plié lui aurait été présenté pour qu'il y appose son
empreinte digitale.
Les personnes qui ont refusé de se plier à la mascarade auraient été
arrêtés et présentés à la télévison comme étant des personnes
envoyées pour saboter l'élection.
Le témoin dit avoir participé hier à une réunion dans laquelle il leur
aurait été signifié qu'un pays conquis par les armes ne le serait pas
par un vote.
La conversation téléphonique entre le Comité de soutien de Twagiramungu en
Belgique et le témoin de Mutura a été interrompue trois fois et vers
15h45, il n'a plus été possible de la continuer.
D'autres personnes à contacter ne le seront pas en raison de cette
interruption momentanée du service de téléphonie cellulaire au Rwanda.
PM
16h05, 25 aout 2003
Lire la
suite
Présidentielle:
le principal candidat d'opposition a voté
(AFP
25/08/2003)
KIGALI,
25 août (AFP) - Le principal candidat d'opposition dans l'élection présidentielle
en cours au Rwanda, l'ancien Premier ministre Faustin Twagiramungu, a voté
lundi à 9h15 locales (7h15 GMT) à Kigali, a constaté l'AFP.
"S'ils choisissent quelqu'un d'autre, j'applaudirai, si tout s'est passé
dans la transparence. Il faut respecter le verdict, l'objectif est de renforcer
la démocratie", a-t-il déclaré après avoir voté dans un des bungalows
précaires installés pour l'occasion sur un terrain de football du quartier de
Karukamba.
"Des gens veulent me lier à des troubles après l'élection. Je ne suis
pas de ce genre. J'ai combattu pour la démocratie et je continuerai mon petit
chemin, je ne crains pas la prison", a-t-il ajouté.
Le président sortant Paul Kagame, donné largement favori dans cette première
présidentielle pluraliste dans le pays depuis l'indépendance en 1962, et près
de 10 ans après le génocide de 1994, devait voter lui aussi dans la matinée,
dans une école de Rugunga, un quartier résidentiel du centre de la capitale
rwandaise.
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Le
scrutin présidentiel au Rwanda a lieu dans un "climat de peur"
(Le
Monde 25/08/2003)
Au terme d'une campagne marquée par une tension croissante et dominée par
l'actuel président, Paul Kagamé, candidat du Front patriotique rwandais (FPR,
au pouvoir), près de 4 millions d'électeurs devaient se rendre aux urnes,
lundi 25 août, au Rwanda afin d'élire, pour la première fois depuis le génocide
de 1994, le président de la République au suffrage universel dans une élection
pluraliste.
Pendant le week-end précédant le scrutin, des incidents ont encore alourdi le
climat à Kigali, la capitale. Samedi soir, douze représentants électoraux de
Faustin Twagiramungu, principal candidat de l'opposition, ont été arrêtés
dans un bar d'un quartier populaire de la ville. La police affirme que le groupe
était en train de planifier des "actions de violence dans toutes les
provinces" destinées à perturber le fonctionnement des élections.
Pour le candidat de l'opposition, il s'agit d'une nouvelle mesure
d'intimidation, qui fait suite à de nombreuses autres. Il avait précisé,
samedi, qu'il renonçait à déployer ses propres représentants dans les
bureaux de vote à travers le pays le jour du scrutin, après avoir été accusé
par le président de la commission électorale nationale (CEN), Chrysologue
Karangwa, de s'apprêter à déclencher des opérations de fraude.
Faustin Twagiramungu, qui a déjà été accusé de "divisionnisme"
par la CEN, se présente en candidat indépendant. Le nouveau parti dont il espérait
obtenir le soutien après que son ancienne formation, le Mouvement démocratique
républicain (MDR), a été dissoute de fait, n'a pas été autorisé par les
autorités, qui l'accusent de recevoir des financements de l'extérieur. Le
candidat de l'opposition dénonce aussi les intimidations subies par son
entourage, qui iraient jusqu'au meurtre. Le chef de la mission d'observation électorale
de l'Union européenne, Colette Flesh, a affirmé qu'un "sympathisant"
de Faustin Twagiramungu avait été assassiné, le 15 août, près de Ruhengeri,
dans le nord du pays. Le président Kagamé a démenti lui-même cette
information, en indiquant : "La police enquête. Ils n'ont trouvé personne
qui ait été tué."
"MENACES DE MORT"
Sur la base d'observations faites au cours de la campagne, Amnesty International
a dénoncé le climat "de peur et d'intimidation" qui règne au
Rwanda. L'organisation de défense des droits de l'homme s'interroge aussi :
"Comment le peuple rwandais peut-il jouir librement de ses libertés
politiques fondamentales quand des individus sont arrêtés au seul motif qu'ils
n'ont pas assisté à des meetings de campagne du parti au pouvoir, le FPR
?" Amnesty relève que "le FPR s'est livré à des pressions, parmi
lesquelles l'arrestation de militants de l'opposition, l'adhésion forcée au
FPR, ainsi que des intimidations sérieuses, incluant des menaces de mort, pour
saper le soutien de l'opposition".
L'élection présidentielle, à un seul tour à la majorité relative, se joue
le 25 août. Paul Kagamé, donné gagnant par tous les spécialistes, a déjà
proposé d'ouvrir le gouvernement à des responsables de l'opposition dans le
but de renforcer "l'unité nationale". M. Twagiramungu a décliné
cette offre. La seule femme candidate, Alivera Mukabaramba, l'a, en revanche,
acceptée : elle a fait savoir, dimanche, à la veille de l'élection, qu'elle
renonçait à se présenter, déclarant se désister au profit de Paul Kagamé
pour "barrer la route" à Faustin Twagiramungu, et constituer un
"front républicain" pour "sauver le pays". Après l'élection
présidentielle, des élections législatives doivent être organisées sur
trois jours, les 29 et 30 septembre, ainsi que le 2 octobre.
Nairobi de notre correspondant, Jean-Philippe Rémy
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ABAFASHA ba Twagiramungu 12 BAFASHWE
ni INZIRAKARENGANE
Inkuru
y'imvaho (iturutse i Kigali) kuri 12 bafashwe
kubera amatora.
Date:
Mon, 25 Aug
2003 00:48:42 +0200
Nizeye ko inkuru yo gufunga ba représentants des
observateurs ba Twagiramungu mwayimenye. Iyo nkuru niyo.
Kavutse ariko we yari asanzwe yarafashwe, yitabanaga na ba
Kabanda, ubu yashyizwe ukwe kubera ibaruwa ngo
yandikiye Rukokoma ubwo yari yatse uruhushya yabonye repos
médical, iyo baruwa ngo yagiraga Rukokoma inama kubyo
yakora kugira ngo abantu be begukomeza guhohoterwa na
polisi na DMI. Harimo kuba yasaba ko amatora yasubikwa,
kwegera abazungu harimo na Conseil de sécurité no
kubyutsa ikibazo ngo cy'abasirikari ijana n'umwe bari muri
raporo ngo ya Del Ponte ngo bicanye bakagombye gufatwa
bagafungwa. Kavutse rero yabyemeye ko yayanditse, gusa uko
iyo baruwa yageze muri polisi ntitubizi. Yabisabiye n'imbabazi
anemera ko byahungabanya umutekano. Ntituzi ikizakurikira.
Abandi bo bafashwe bavuye mu nama ya ba observateurs yari
yakoreshejwe na Komisiyo y'amatora. Igitangaje gusa ni uko
polisi ivuga ngo bari mu nama itemewe n'amategeko. Amakuru
yangezeho mu gitondo yavugaga ko bafashwe réception
irangiye, ngo bajyanwa muri brigade y'i Remera. Igitangje
ni biriya ngo by'imbunda no gutera amagrenade, abantu bose
bumiwe kuko ari ikinyoma noneho kiruta icya Semuhanuka.
Ese abantu 12 batigeze no mu gisirikari nibo umuntu
yajyana mu kabari gusoza umugambi wo gushoza intambara?
Ese Rukokoma noneho yaba yarunvikanye n'Igihango
ntibimenyekane? Ese habuze iki ngo abo bantu babagwe
gitumo bajyana izo ntwaro hirya no hino mu gihugu? Intwaro
zo ntazo berekanye yemwe nuwatewe ubwoba akavuga ari umwe
muri 12 yavuze ko intwaro ngo yari kuzazerekwa n'undi
utuye i Nyamirambo utigeze agaragara mu bafashwe. Uko rero
intwaro za Rukokoma zo guhungabanya umutekano zaba i
Nyamirambo ni igitangaza nabyo.
Nous qui observons et qui suivons de prêt cette mise en
scène, l'objectif est d'intimider les observateurs de
Twagiramungu pour permettre les vols des voix ainsi que la
constitution des dossiers pour pouvoir incriminer
Twagiramungu et les opposants politiques plus particulièrement
les fondateurs de l'ADEP.
Abantu bateza ubwega hakiri kare kuko ibizakurikira iri
tora bigomba kuzabamo amakuba akomeye kubantu batayobotse
icyama, cyane cyane abagaragaje ko bashyigikiye
Twagiramngu na ADEP.
Abatabizi
bicwa no kutabimenya.
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Election présidentielle au Rwanda
"Militaires dans les isoloirs quand
il y en a !"
Des membres des forces de sécurité seraient présents dans
certains isoloirs notamment dans la commune de Musebeya en province de
Gikongoro au sud-ouest du Rwanda, c'est ce que le comité électorale de
Twagiramungu a fait savoir à son homologue de Belgique par téléphone.
Dans certaines bureaux de vote de la province de Gisenyi, il n'y aurait tout
simplement pas d'isoloirs et les électeurs voteraient sous le regard de
militaires et d'autorités locales.
Le Comité de Twagiramungu a averti la mission des observateurs européens qui
l' aurait informé en retour qu'il n'y aurait pas suffisamment de ressources
humaines pour s'occuper de tous les bureaux.
Dans certains bureaux de vote de Cyangugu, les isoloirs seraient aussi
absents. L'observateurs anglais qui se trouve à un bureau de vote, contacté
par le comité de Twagiramungu a déclaré que là où il se trouve tout
se passait bien, mais qu'il ne pouvait pas se rendre aux endroits où des irrégularités
lui étaient signalées.
Il y aurait 10 500 bureaux de vote dans tout le pays et les observateurs
qui seraient au nombre de 600 ne pourraient pas en visiter plus de 10
d'après l'information communiquée par le Comité Twagiramungu en Belgique
qui n'a pas pu savoir la raison de cette limite.
Placide Muhigana
25/08/03 13h38 Bruxelles
****
HARCELEMENT
- INTIMIDATION - PERSECUTION PAR LE FPR-INKOTANYI
-
ELIMINATION DE L'OPPOSITION-
Les supporters de
Twagiramungu arrêtés,
paradés à la télé.
Les 12 représentants provinciaux du M.
Faustin de Twagiramungu,
candidat de l'opposition aux élections présidentielles du 25 août
au Rwanda, arrêtés hier soir le
23, ont été exhibés à la Télévision Rwandaise (TVR,
monopole d'Etat), d'après des témoins contactés par téléphone.
L'une
des personnes arrêtées, l'ancien député Léonard Kavutse à présenter
des excuses à la population lors de son passage
devant les caméras de la chaine publique, selon un source
proche du Comité de soutien à Twagiramungu en
Belgique.
Les
services de sécurité accusent ces personnes d'avoir projeté
de semer des troubles violents autour des bureaux de vote
notamment en lançant des grenades dans les foules d'électeurs.
Lors
des troubles ainsi provoqués, la rébellion armée
des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR,
opposition armée active selon ses représentants en occidents
et le gouvernement rwandais au Congo) devait
prendre
avantage du chaos et attaquer le pays.
Toujours
selon les personnes qui ont suivi l'émission télévisée sur
le complot qui aurait été déjoué par la Police
nationale des armes ont
été saisies chez les suspects.
Nous
avons pu apprendre l'identité d'une des personnes interpelées.
Des membres de sa famille vivant en Belgique
nous ont appris qu'il est enseignant dans diverses
institutions du pays et qu'il était officiellement
membre du MDR jusqu'à ce
que le gouvernement en exige la dissolution.
Cette
vague d'arrestations dans les rangs des supporters du challenger le
plus sérieux du candidat du Front Patriotique Rwandais et
l'annonce de ce complot interviennent un jour avant
les élections présidentielles dans lesquelles celui-ci est
donné
gagnant par de nombreux observateurs.
Le
22 août,
M. François Benda Lema représentant dans la province
de Ruhengeri de l'Alliance pour la Démocratie, l'Equité et
le Progrès Mizero (espoir en Kinyarwanda) - le parti considéré
comme l'héritier du MDR - a été arrêté à
l'aube chez lui,
d'après des membres de sa famille résident en Belgique.
Placide
Muhigana
25/08/03
****
Perdre
en voulant Gagner
à tout prix
Le
Front Patriotique Rwandais était - parait-il - assuré de gagner
mais il n'aurait pas voulu prendre le moindre risque de perdre
la possibilité de continuer le travail entamé en 1994' si ce
n'est en 1990. A moins d'une heure du début du scrutin,
quel
est le résultat de la campagne du FPR. '
Il
ne fait pratiquement pas l'ombre d'un doute que le candidat du
FPR, le général major Paul Kagame et l'appareil de son parti (ont
tout fait), vont
(tout faire pour) remporter ces élections. Mais
à quel prix '!
Je
ne parle pas des ressources non négligeables ' si le FPR veut
jouer la transparence, il lui revient de publier ses comptes -
affectées à cet exercice solitaire mené par le FPR dans un désert
de compétition. Ce
dont il est question ici, ce sont les dommages moraux causés
par la machine de guerre du FPR aux esprits de la population
et de ses élites à coup de propagande unilatérale, intimidante
et agressive (lavage de cerveaux) alors que l'on nous parle de
construire un nouveau Rwanda. Sur les "bases"
observées durant cette campagne !!!
(A
suivre, à la suite de nos élections)
Placide
Muhigana
Le
25 août 2003
Proverbe
du jour :
A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire (Le Cid de
Corneille ')
Election
présidentielle au Rwanda Pas de soutien
suisse
'
Berne
se réserve pour les législatives
ATS By CC; RO
Berne, 22 août 2003
La Suisse ne soutient pas l'organisation de
l'élection
présidentielle au Rwanda prévue lundi, pour des questions de
budget et d'absence de compétition politique. Elle enverra en
revanche des observateurs aux élections législatives, jugées
plus importantes politiquement.
"Nous ne donnons pas d'argent et
n'envoyons pas d'observateurs pour la présidentielle", a
précisé vendredi à l'ats Ivan Pasteur, de la Direction du développement
et de la coopération (DDC).
L'absence de jeu démocratique véritablement
ouvert, en particulier la disparitions d'opposants politiques,
avait aussi poussé les Pays-Bas a geler à la mi-août leur
aide financière de 250 000 euros (390 000 francs) pour ce
scrutin.
Information
a long terme
La Suisse avait en revanche aide au
financement du referendum constitutionnel du 25 mai dernier,
"premier scrutin qui signalait la fin de la période de
transition", a hauteur de 400 000 francs, consacres
principalement a l'achat d'urnes.
Berne enverra également une demi-douzaine
d'observateurs pour le scrutin législatif du 29 septembre. L'un
d'entre eux gagner le Rwanda dès la semaine prochaine pour
collecter des informations à plus long terme. "Nous
souhaitons voir comment se mettent en place les partis et
comment ils pourront
influer sur le jeu politique par la suite", a précisé M.
Pasteur.
Collaboration
avec l'UE
L'équipe suisse travaillera en étroite
collaboration avec les
observateurs de l'Union européenne. Cette dernière a déjà
envoie un milliers d'observateurs pour le présent scrutin.
L'aide totale de la Suisse pour le Rwanda, gérée
dans le cadre d'un programme spécial, se monte a cinq millions
de francs par an de 2002 a 2004.
Visant
a promouvoir la paix, elle soutient plus particulièrement les
secteurs de la justice, de la santé et de la décentralisation.
Copyright
2003 Schweizerische Depeschenagentur AG (SDA)
SDA - Service de base français
****
Douze
(12) Représentants du Candidat à la Présidence, Faustin
Twagiramungu, ont été arrêtés hier soir à Kigali et
jusqu'à présent ils sont toujours retenus au quartier général
de police de Kacyiru, la veille des élections.
-------
Abantu cumi na babiri bahagarariye umukandida ku mwanya wa
Perezida wa Repubulika, Faustin Twagiramungu, aribo bagombaga
kuzamuhagararira mu matora bafashwe n'ubutegetsi bwa FPR
bakaba bagifungiwe mu kigo cy'abapolisi cyo ku Kacyiru.
Dernier
jour de campagne "amer" pour le principal opposant
KIGALI, 23 août (AFP) - "Déçu",
"amer", "furieux": c'est
dans un crescendo de qualificatifs que Faustin Twagiramungu,
principal candidat de l'opposition rwandaise à l'élection présidentielle
de lundi,décrivait samedi son état d'esprit en ce dernier
jour de campagne électorale, passé chez lui, sans meeting
sur le terrain.
"J'ai dit que je suis amer, et je le reste", a
affirmé cet ancien Premier ministre en recevant quelques
journalistes étrangers à son domicile, qui est également
son Q.G. de campagne.
Dans la matinée, il avait été accusé de s'apprêter à
"truquer" le scrutin par le président de la
Commission électorale nationale (CEN), Chrysologue Karangwa.
M. Twagiramungu a décidé "de ne pas envoyer ses représentants
dans les bureaux de vote" le jour du scrutin, a indiqué
son directeur de campagne, Evode Uwizeymana.
Les médias pro-gouvernementaux et les autorités n'ont eu de
cesse d'accuser ce Hutu modéré de "divisionnisme
ethnique", crime grave dans ce pays qui s'apprête à
vivre son scrutin le plus important depuis le génocide de
1994, qui a fait un million de morts parmi la
minorité tutsie et les Hutus modérés, selon Kigali.
Dernier incident en date: "l'un de mes plus proches
collaborateurs, que je considère comme mon fils, est venu me
voir ce matin en pleurant pour me dire qu'on l'avait contraint
à m'abandonner. Il n'a pas pu expliquer ses raisons,
craignant pour sa vie", confie
M. Twagiramungu.
L'ancien Premier ministre, candidat indépendant à cette
première présidentielle pluraliste depuis l'indépendance de
l'ancienne colonie belge en 1962, n'a pas obtenu les
autorisations qu'il avait demandées pour tenir des meetings
vendredi.
Il affirme n'avoir été autorisé à organiser des
rassemblements qu'en périphérie de Kigali, non loin de l'un
des derniers meetings du président sortant Paul Kagame.
"Personne ne serait venu", lâche-t-il. Il a alors décidé
de passer sa journée dans son appartement de la capitale,
recevant tour à tour ses représentants provinciaux, des
observateurs étrangers,
et quelques journalistes.
Dans le petit salon, une dizaine de collaborateurs sont entassés
pour une ultime réunion avant le vote de lundi, a constaté
un journaliste de l'AFP.
Officiellement, "M. Twagiramungu est toujours serein, et
conserve l'espoir de gagner", assure son porte-parole,
Ismaël Mbonigaba.
Mais sous couvert d'anonymat, des membres de son entourage
reconnaissent sa mauvaise humeur.
"Il est très tendu, parfois dur avec ses collaborateurs,
mais nous devons l'encourager jusqu'au bout", confesse
l'un d'entre eux.
Le candidat, interrogé sur le bilan de sa campagne, démarrée
peu après son retour au Rwanda en juin après huit ans d'exil
en Belgique, répond en attaquant une nouvelle fois le Front
patriotique rwandais (FPR), l'ex-rébellion tutsie de M.
Kagame.
"J'ai rempli mon objectif de démocrate. Je parviens à
montrer que la dictature continue ici ", dit-il.
Quant à son avenir, M. Twagiramungu assure qu'il ne sera ni
membre du gouvernement, ni candidat aux législatives prévues
pour fin septembre ou début
octobre.
Twagiramungu
clôture sa campagne
Trois
jours avant le jour J
Le
principal adversaire du candidat du Front Patriotique Rwandais
(FPR) au pouvoir, M. Faustin Twagiramungu a terminé ses tournées
électorales dans le pays avec la province de Gisenyi dans le
nord-est le 21 août, selon le porte parole et coordinateur et
de son comité de soutien de Belgique, M. Hildebrand Kayibanda.
D'après
M. Kayibanda, la visite Gisenyi ne s'est pas déroulée
sereinement en raison de l'action des autorités provinciales
qui ont empêché à la population de la ville de Gisenyi de se
rendre dans le stade où le candidat indépendant Twagiramungu
devait leur adresser la parole.
La
journée du 22 août devrait être consacrée à des entretiens
avec la presse locale et internationale et Twagiramungu a informé
son équipe qu'il continuera jusqu'au bout. « Rien
ne me fera quitter mon pays et certainement pas une balle dans
la nuque, la tête ou le c'ur », .aurait-il déclaré.
Le
dossier à charge reprenant les accusations de divisionnisme à
l'encontre M. Twagiramungu serait prêt, de sorte que celui-ci
devrait être arrêté peu après les élections, d'après un
membre du comité de soutien à Twagiramungu qui a exigé de
rester anonyme. Selon celui-ci cela pourrait se faire le 27 août.
On
déplorerait déjà trois morts dans les rangs des supporters du
candidat Twagiramungu. Deux dans sa province natale de Cyangugu
dans le sud-ouest et un à Ruhengeri dans le nord. Celui-ci
serait mort après le meeting électoral de M. Twagiramungu dans
le chef lieu de cette province.
Pour
ce qui est des défections du camp Twagiramungu vers le FPR,
lors d'un meeting de ce parti à Cyangugu c'est dans deux bus
que des candidats à la défection aurait été emmené de
Butare. La tactique serait simple, on arrête les supporters de
Twagiramungu, ils sont détenus et interrogés toute une journée
sans que eux-mêmes ou les membres de leurs famille sachent où
ils sont. Le deuxième jour ils seraient mieux traités pour
ensuite être exhibés dans un meeting du FPR où ils témoignent
sur le divisionnisme du candidat Twagiramungu. L'enlèvement
temporaire suffirait à convaincre les supporters de
Twagiramungu à changer de camp très officiellement dans des
stades remplis par le régime au pouvoir ou à la télévision
publique.
Placide
Muhigana
22
août 2003
La journée de campagne en dents de scie du principal opposant
GISENYI (Rwanda), 21 août (AFP) - La journée commence mal pour
le principal candidat de l'opposition à l'élection présidentielle
du 25 août au Rwanda, Faustin Twagiramungu: le stade où il
devait tenir sa réunion publique ce jeudi est quasiment vide.
Cinq cents personnes seulement, dont de nombreux enfants, sont
venus l'écouter à Gisenyi (nord-ouest), ville frontalière de
la République Démocratique du Congo (RDC), située dans la région
natale de nombreux planificateurs du génocide de 1994.
L'ancien Premier ministre, un Hutu modéré, cache mal sa déception.
Après une brève allocution à son maigre auditoire, il tente
d'expliquer la situation aux journalistes de la presse
internationale.
"C'est la première fois que je viens dans un stade vide. A
Ruhengeri (autre ville du nord-ouest), les gens avaient rempli
le stade", assure cet homme à l'allure débonnaire.
"Mais après, des mesures ont été prises, des clins
d'oeil ici et là" pour, selon lui, dissuader ses partisans
de se déplacer.
Le principal candidat de l'opposition accuse régulièrement le
camp du président sortant Paul Kagame, un Tutsi, de lui mettre
des bâtons dans les roues pendant sa campagne pour cette élection
présidentielle, premier scrutin pluraliste de ce genre depuis
l'indépendance en 1962.
Il assure que ses partisans sont souvent intimidés, empêchés
de faire connaître leur point de vue.
Une fois son cortège parti pour un autre rassemblement dans
cette région verdoyante qui longe le lac Kivu, quelque jeunes
gens traînent encore dans le stade.
"Je suis venu le voir. Il m'intéresse comme tous les
autres candidats. Mais le vote est secret", déclare en
souriant Thierry Ruzindana, 21 ans.
Avant d'ajouter aussitôt: "Kagame a fait beaucoup de
choses, on doit voter Kagame".
Ses camarades acquiescent. A la question "Qui va voter
Twagiramungu'", ils éclatent de rire. Aucune réponse
positive.
Dans le village voisin de Mahoko, Twagiramungu souffle enfin.
Des habitants par centaines se massent au passage de sa voiture
tout terrain. Sourire aux lèvres, il les salue de la main.
"C'est Jésus qui vient", s'enflamme une femme.
"On a entendu des mensonges, on va enfin savoir la vérité",
s'enthousiasme une autre.
Sur la place du village, accroché à flanc de colline au milieu
de plantations de bananiers, la sonorisation est installée. Un
pupitre en bois est recouvert d'une toile jaune arborant un
arbre stylisé, le symbole du candidat.
Quelque 3.000 personnes sont venues l'écouter, avec là encore
de très nombreux enfants. Devant un auditoire composé
majoritairement d'agriculteurs, il promet de lutter contre la
pauvreté, de développer les campagnes, avec "une banque
populaire sur chaque colline".
"Je suis venu aussi vous dire que le 25 août il ne faudra
pas vous faire voler votre vote. Il faudra voter pour moi.
Faites attention qu'on ne vote pas à votre place",
lance-t-il.
Après son discours, l'ancien Premier ministre se dirige vers un
autre village, où il tiendra son troisième rassemblement de la
journée.
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Des
élections sous contrôle
La campagne électorale
s'est ouverte dans un pays encore traumatisé par le souvenir du
génocide, et fermement tenu par le président Paul Kagame.
Clore enfin la période
de transition que vit le Rwanda depuis la fin du génocide de
1994, c'est l'objectif officiel de la campagne électorale pour
les élections présidentielle et législatives qui ont débuté
le 1er août. Mais, derrière la volonté affichée de refermer
les plaies et de lutter contre la logique ethnique, le président
Paul Kagame verrouille le débat. La Constitution sur mesure,
votée en mai dernier, institue une Haute Cour de la République
qui valide la légalité des partis. Les structures de ces
formations doivent obligatoirement " siéger au niveau
national et au niveau de la province et de la ville de Kigali
". Toute mention à la race, l'ethnie, le clan ou la région
est qualifiée de " divisionniste " par le pouvoir et
entraîne l'interdiction du parti. Par ailleurs, un forum de
concertation entre les partis est chargé de veiller à la
" discipline " et à la bonne entente entres les
partis. Destinées à combattre les révisionnistes, ces
dispositions permettent surtout au Front patriotique rwandais
(FPR), le parti au pouvoir, de neutraliser ses opposants. Ainsi,
le Mouvement démocratique rwandais (MDR), principal parti
d'opposition, a été définitivement interdit mi-juillet, après
qu'une commission d'enquête parlementaire l'eut accusé de créer
des milices de jeunes Hutu, sur le modèle des Interhamwe
(milice des génocidaires en 1994). L'accusation paraît
pourtant de circonstance, pour ce parti de Hutu modérés, qui
a, dès 1994, participé au pouvoir du FPR. Cette élimination
ne laisse plus en lice que des petits partis à l'audience
marginale, dont beaucoup se sont contentés de soutenir la
candidature de Kagame. La présidentielle devrait contenir un
peu plus de suspenss, grâce à la participation de Faustin
Twagiramungu, ancien président du MDR, qui est rentré d'exil
en juin dernier. Ancien premier ministre de Kagame, et Hutu modéré,
il a été traité de " génocidaire " alors qu'il a
risqué sa vie pendant le génocide. Pour sa campagne, le plus
crédible des compétiteurs du président ne dispose que d'un
accès limité aux médias, et même aux salles de meeting.
Twagiramungu apparaît comme une caution démocratique pour un régime
rwandais, de plus en plus discrédité par ses abus et par son
implication dans la guerre congolaise. Le président Kagame a
d'ailleurs annoncé la couleur : " Ceux qui seront élus
seront des gens qui sont à 100 % en accord avec l'agenda
politique actuel. " Dans un rapport publié en mai dernier,
l'organisation Human Rights Watch rappelle que, depuis 1994, le
FPR a de plus en plus concentré le pouvoir dans ses mains, ne
craignant pas d'éliminer ses opposants, soit légalement, soit
physiquement. Emblématique de cette politique, la Cour de
cassation a rejeté, mercredi dernier, l'appel du pasteur
Bizimungu, emprisonné en 2001, quand le parti qu'il avait créé
avec des Hutu et des Tutsi avait été décrété illégal. Après
le génocide, la crainte de voir la majorité hutu détenir
seule, par le biais du vote, les rênes de l'État, est légitime.
Sauf qu'en l'utilisant pour discréditer jusqu'aux Hutu modérés,
le FPR risque d'alimenter la frustration et la tension.
Camille Bauer
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Divisionnisme
et révisionnisme'?
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Dans
le régime FPR, Twagiramungu dénonce «une
monarchie républicaine qui se construit sur
les cadavres de mes concitoyens hutu et tutsi,
de mes amis, de mes frères et voisins, pour
satisfaire les intérêts d’une oligarchie sans
autre projet que de détruire ceux qui
contestent son pouvoir, sous le seul prétexte
d’avoir arrêté le génocide».
Faustin Twagiramungu à Monique Mas le 18
juillet 2003
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