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L'appartement du principal opposant rwandais fouillé par la police
(AFP 11/09/2003)  


©  
twagiramungu.net

Candidat Président rwandais:  Faustin Twagiramungu

KIGALI, 11 sept (AFP) - L'appartement de l'ex-Premier ministre et principal opposant rwandais Faustin Twagiramungu a été fouillé mardi par la police rwandaise, qui le soupçonne d'"atteinte à la sûreté de l'Etat" et d'"association de malfaiteurs", a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

"Il y a eu mardi une perquisition accompagnée d'un état de siège, entre 10h00 et 18h00", a déclaré jeudi à l'AFP M. Twagiramungu, un Hutu modéré qui a été crédité de 3,62% des voix à l'élection présidentielle du 25 août remportée par le président sortant, Paul Kagame, avec 95,05% des suffrages.

"Les policiers m'ont montré un mandat signé par le procureur général (Gérard) Gahima, dans lequel ils m'accusent d'atteinte à la sûreté de l'Etat et d'association de malfaiteurs", a précisé le principal candidat de l'opposition à la présidence.

Interrogé par l'AFP, M. Gahima a confirmé ces informations tout en se refusant à préciser sur quels éléments précis se fondaient les accusations d'"atteinte à la sûreté de l'Etat" et d'"association de malfaiteurs".

Tout au long de la campagne électorale, M. Twagiramungu a été accusé, par les médias pro-gouvernementaux et par la Commission électorale nationale (CEN), de prêcher le "divisionnisme ethnique".

Il s'agit d'une accusation grave, passible de prison, dans ce petit pays d'Afrique centrale encore traumatisé par le génocide de 1994, qui a fait un million de morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, selon une estimation des autorités rwandaises.

"La police a fouillé jusque dans mon lit, elle a pris une vingtaine de documents, surtout de la correspondance reçue de la part de sympathisants, et m'a interrogé", a-t-il ajouté.

"Je peux confirmer, les policiers recherchaient des preuves dans le cadre de leurs enquêtes sur un groupe d'une dizaine de personnes, dont fait partie M. Twagiramungu", a expliqué pour sa part M. Gahima.

Il a toutefois assuré que ce dernier ne faisait l'objet d'aucune inculpation formelle.

"Ils ne font qu'enquêter", a affirmé M. Gahima, refusant de préciser si ces enquêtes pourraient aboutir à l'arrestation de M. Twagiramungu.

Selon le procureur général, le groupe de personnes concernées par l'enquête comprend également Célestin Kabanda, l'ancien président du Mouvement démocratique républicain (MDR), la principale formation à dominante hutue, dissout avant la présidentielle pour "divisionnisme ethnique".

Avant le 25 août, M. Kabanda et quelques autres anciens membres du MDR ont été interrogés à plusieurs reprises par la police. Le nouveau parti qu'ils ont tenté de lancer, l'Alliance pour la démocratie, l'équité et le progrès (Adep-Mizero), n'a quant à lui pas reçu l'agrément gouvernemental.

M. Twagiramungu, rentré en juin au Rwanda après huit ans d'exil volontaire en Europe, a dans un premier temps dénoncé le résultat de l'élection présidentielle, demandant, en vain, l'organisation d'un nouveau scrutin.

Jeudi, il a toutefois déclaré à l'AFP qu'il avait envoyé mercredi un télégramme au président Kagame, reconnaissant sa victoire et l'invitant à "respecter ses engagements".

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