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Présidentielle:
des "irrégularités" et des "fraudes",
selon l'UE
(AFP
27/08/2003)
KIGALI,
27 août (AFP) - Les observateurs de l'Union européenne (UE),
un des principaux bailleurs de fonds du Rwanda, ont pointé du
doigt mercredi à Kigali des "irrégularités" et
des "fraudes" dans l'élection présidentielle de
lundi dans le pays, la première depuis le génocide de 1994.
Le chef de la mission d'observation électorale de l'UE,
Colette Flesch, a toutefois relevé que le scrutin de lundi s'était
déroulé dans le "calme et sans incident violent",
assurant que cette élection constituait "une étape
importante" dans le processus de démocratisation du
pays.
Mais "certaines irrégularités et cas de fraude ont émaillé
le jour du scrutin", première présidentielle pluraliste
depuis l'indépendance du pays en 1962, a-t-elle insisté.
Le président sortant Paul Kagame, membre de l'ethnie
minoritaire Tutsi qui fut la grande victime du génocide, a
recueilli plus de 95% des voix, selon les chiffres de la
Commission électorale. Son principal adversaire, l'ancien
Premier ministre Faustin Twagiramungu, un Hutu modéré, a
obtenu moins de 4% des voix.
"Il reste du chemin à parcourir en termes de crédibilité,
de transparence et de liberté d'expression", a déclaré
à la presse le député européen Colette Flesch, chef de la
mission d'observation de l'Union européenne, et ancien
ministre des Affaires étrangères du Luxembourg.
"Le scrutin s'est déroulé calmement, et sans incident
violent", a-t-elle toutefois souligné.
La consolidation des résultats "ne s'est pas déroulée
dans la transparence nécessaire", a ajouté Mme Flesch.
"Dans de nombreux cas, nos observateurs n'ont pas été
autorisés à suivre" cette opération, a-t-elle expliqué.
La consolidation consiste à établir, et à signer, un
rapport d'activité dans chaque bureau. On y enregistre les
nombres d'inscrits et de votants, ainsi que les résultats.
Les délégués du parti au pouvoir, le Front patriotique
rwandais (FPR), étaient seuls présents dans la grande
majorité des bureaux de vote pendant le scrutin, ont constaté
des journalistes de l'AFP et divers observateurs.
Le principal candidat d'opposition, l'ancien Premier ministre
Faustin Twagiramungu, avait décidé de ne pas y envoyer les
siens, après avoir été accusé par la Commission électorale
de vouloir "truquer" le scrutin et de préparer des
actes de violence. Le troisième candidat, l'ancien ministre
Jean-Népomuscène Nayinzira, ne disposait pas d'une
organisation suffisamment étoffée pour envoyer des délégués
dans l'ensemble des bureaux.
"Des modifications illégales de listes électorales et
des différences significatives de chiffres indiquant des
bourrages d'urnes ont été constatés dans quelques bureaux
de vote", a ajouté Mme Flesch.
"Des listes additives ont été établies en de nombreux
endroits pour permettre à certains électeurs non inscrits
sur la liste des bureaux de vote d'exprimer leur vote",
a-t-elle ajouté.
Elle a également relevé "la présence massive et
intimidante (...) des représentants du candidat Kagame dans
de nombreux bureaux de vote", ajoutant que "dans
certains bureaux ils s'immiscaient de manière très directe
dans les opérations électorales ou assumaient un contrôle
non officiel du bureau de vote".
Elle a également indiqué que "les ressources de l'Etat
et des collectivités locales étaient parfois utilisées par
M. Kagame", et noté "des cas de distribution de
gratifications matérielles pour s'assurer du vote" en
faveur du président sortant.
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