Le
FPR seul dans les bureaux de vote
Johan
Van Hecke, parlementaire européen libéral démocrate
(belge), observateur durant les élections présidentielles au
Rwanda pour le compte de l'Union Européenne, a trouvé cela inacceptable :
seul le FPR était représenté dans les bureaux de vote. Le
jour des élections, de nombreux témoignages ont aussi fait
état de l'absence d'isoloirs dans plusieurs bureaux de vote.
Son
excès de précautions pourrait se retourner contre le
mouvement au pouvoir qui a tout mis en 'uvre durant la
campagne de 23 jours pour contenir au maximum son adversaire
le plus crédible, Faustin Twagiramungu.
La
dernière mesure prise par les agents du FPR a été d'arrêter
d'un coup, deux jours avant le scrutin, une douzaine de représentants
de l'adversaire principal de son propre candidat, le chef de l'Etat
sortant, le général major Paul Kagame.
Alors
quelle valeur donner à cette consultation précédée par le
lynchage médiatique des opposants, des enlèvements, des
menaces de mort, le sabotage des meetings électoraux de
Twagiramungu, le refus de reconnaître le nouveau parti
Alliance pour la Démocratie, l'Equité et le Progrès Mizero
(espoir en Kinyarwanda) qui avait annoncé qu'il le
soutiendrait, la convocation quotidienne ' depuis fin juillet
- des dirigeants de ce nouveau parti héritier du Mouvement Démocratique
Républicain, banni par le pouvoir deux mois avant le scrutin '
L'excès
de zèle des agents du FPR, lui a peut-être coûté le supplément
de légitimité qu'il escomptait grandement de ces « premières
élections multipartites du pays depuis son indépendance ».
Placide
Muhigana
26
août 2003
Molenbeek
Faustin
Twagiramungu conteste!
"Il
ne faut pas se faire d’illusion : les lobbies des
démocratiques de la communauté internationale, se servent
actuellement des régimes militairement puissants, mais
impopulaires, de cette région pour assurer leurs intérêts dans
la région de Grands Lacs. Ces mêmes pays ferment les yeux
quand la démocratie est mise à mal, dénaturée, dévoyée, du
fait de l’intolérance, de l’exclusion, de la terreur et des
violations répétées et délibérées des droits de l'homme.
Ce constat d’indifférence n’est pas
seulement le mien. Il est partagé par les peuples rwandais,
congolais, et burundais, qui ne comprennent pas le sens du
soutien de certains pays démocratiques à ces régimes
oligarchiques et
autocratiques.
Les perspectives démocratiques sont chaque fois interrompues
par les souvenirs des événements sanglants (Rwanda en 1990,
Burundi en 1993 et RDC en 1996 et 1998) par des intimidations
du pouvoir en place.",
Cfr manifeste Faustin Twagiramungu

Amnesty
dénonce le "climat de peur" de la campagne présidentielle
au Rwanda
LONDRES, 23 août
Amnesty International a demande samedi que
"cesse immédiatement" le
"climat de peur et d'intimidation" entourant la
campagne électorale au Rwanda,
ou doit avoir lieu lundi la première élection présidentielle
pluraliste
depuis l'indépendance du pays en 1962.
"Le gouvernement rwandais a mis en scène
les premières élections de l'après
génocide (de 1994) dans un climat de peur et
d'intimidation", dénonce
l'organisation internationale de défense des droits de
l'Homme dans
un communiqué.
Amnesty "condamne fermement le nombre
grandissant d'incidents relatifs
a la menace et l'intimidation de personnes et de communautés dans
la campagne" pour l'élection présidentielle du 25 août.
"Comment les Rwandais peuvent-ils exercer
librement leurs droits politiques
fondamentaux lorsque des personnes sont arrêtées simplement
parce qu'elles ne participent pas a des rassemblements du
Front
patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion tutsie) au pouvoir?'", interroge Amnesty.
"Ces actes exagérés de pression politique,
de violence et d'intimidation
contre des opposants politiques doivent cesser immédiatement",
affirme l'organisation.
Le FPR a utilise la détention de sympathisants
de l'opposition hutue et
des intimidations violentes comme des menaces de morts pour saboter
l'opposition, selon Amnesty.
Le premier candidat de l'opposition et ancien
Premier ministre Faustin Twagiramungu, un Hutu modéré, a du affronter "de
nombreux obstacles"
durant sa campagne. Il a du interrompre sa campagne en raison
de menaces de morts pesant sur son chauffeur et son assistant personnel
par des membres des services de sécurité, selon l'organisation.
M. Twagiramungu a déclaré vendredi a l'AFP
qu'il abrégeait sa campagne
sur le terrain, arguant du fait que les autorités locales ne
lui avaient
pas donne les autorisations nécessaires pour tenir le meeting
qu'il
voulait organiser.
Le camp de M. Kagame a régulièrement
accusé ses opposants, dont
Faustin Twagiramungu, de "divisionnisme". L'apologie
de la division
ethnique est une accusation gravissime au Rwanda, traumatise
par le génocide de 1994 qui a fait un million de morts parmi
la minorité tutsie et les Hutus modérés, selon une estimation
des autorités de Kigali.
Pour plusieurs organisations de défense des
droits de l'Homme dont Amnesty, cette accusation est un moyen facile, pour le
pouvoir
en place, de, discréditer toute opposition.