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CENTRE DE LUTTE CONTRE L'IMPUNITE ET L' INJUSTICE AU RWANDA
BP 141 Bruxelles 3
1030 BRUXELLES - Tél/Fax:32.81/60.11.13
GSM: 32.476.701.569
Bruxelles, le 21 mai 2003.
Communiqué n° 65/2003
Rwanda : La destruction du Mouvement Démocratique
Républicain avait été déjà programmée par le FPR depuis 1994
Le Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda
(CLIIR)* dénonce et condamne la dissolution du Mouvement Démocratique
Républicain (MDR) programmée par la junte militaire du Général Paul KAGAME,
proposée le 15 avril 2003 par un parlement complètement contrôlé et paralysé par
cette même junte militaire. Dans sa réunion convoquée d'urgence vendredi 16 mai
2003, le gouvernement a confirmé le rapport du parlement qui avait recommandé la
dissolution du MDR pour « divisionnisme » à quelques mois des
premières élections présidentielle et législatives depuis le génocide rwandais
de 1994.
Ce projet de dissoudre précipitamment le parti politique MDR
a été accéléré dès l'annonce de la candidature à l'élection présidentielle de
l'ancien Premier Ministre TWAGIRAMUNGU Faustin (désigné par l'Accord de paix
d'Arusha du 04/08/1993). Cette candidature, qui semble avoir semé la trouille au
sein du Front Patriotique Rwandais (FPR), était inattendue. Le FPR tient à
consolider sa dictature militaire par tous les moyens: corruption, diffamation,
crimes, etc.
En effet, le Général Paul KAGAME et les membres de sa junte
militaire sont aujourd'hui terrorisés à l'idée d'être traduits en justice devant
les juridictions nationales et internationales au cas où l'impunité qu'ils se
sont assurés, en protégeant les criminels issus du FPR, risque de voler en éclat
en cas de victoire électorale de Faustin Twagiramungu. Rappelons que le
Président KAGAME refuse toujours de livrer ses propres militaires impliqués dans
les actes de génocide et crimes contre l'humanité et qui sont aujourd'hui
réclamés par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR). Certains
criminels du FPR, identifiés par le TPIR, sont toujours attendus pour
inculpation à la prison d'Arusha.
Depuis neuf ans, cette junte militaire détient un « pouvoir
occulte » qui contrôle et paralyse toutes les institutions officielles
de l'Etat rwandais à savoir le Gouvernement, le Parlement et la Magistrature.
C'est ce « gouvernement OCCULTE » qui a fait tomber les
gouvernements OFFICIELS » de Faustin Twagiramungu, de Pierre Célestin
Rwigema et qui fera bientôt tomber celui de l'actuel Premier Ministre Bernard
MAKUZA. La Société Civile rwandaise a été noyautée, contrôlée et paralysée par
des « mercenaires FPR » qui l'empêchent d'exercer son rôle de « garde-fous »
contre les dérives du pouvoir par la dénonciation des violations des droits
humains et par des revendications sociales, syndicales, etc.
Depuis l'arrivée au pouvoir du Front Patriotique Rwandais (FPR),
cette junte militaire est hantée par le retour de la démocratie et de l'état de
droit au Rwanda qui signifierait la fin de l'impunité et de l'oppression au
Rwanda. C'est dans ce cadre que le parti MDR doit disparaître ou être remplacé
par un nouveau parti fantoche et soumis au FPR (akabwana ka FPR). La création de
ce parti satellite du FPR qui réhabilitera les anciens « membres et députés
MDR devenus mercenaires FPR pour la destruction de leur parti » a été déjà
annoncée par le député MDR, Monsieur Stanley SAFARI, dans son interview du 19
mai 2003 à la Radio BBC.
1. Le plan de dissolution du MDR a été mise en exécution
dès novembre 1994 :
Pendant leurs investigations sur les massacres de 1994, les
enquêteurs de l'Association Rwandaise pour la défense des Droits de l'homme (ARDHO)
ont relevé des assassinats ciblés et des arrestations massives parmi les
adhérents des anciens partis politiques MDR et PSD (Parti social Démocrate) qui
avaient survécu aux massacres des interahamwe et des militaires et cadres
politiques (abakada) du FPR :
Le projet de dissoudre le MDR a commencé à partir de la
publication d'un document intitulé « POSITION DU PARTI M.D.R. SUR LES
GRANDS PROBLEMES ACTUELS DU RWANDA » adoptée par le Bureau Politique du
M.D.R en sa séance du 6 novembre 1994 ; soit environ trois mois après la
victoire militaire et l'arrivée au pouvoir des extrémistes du FPR.
Ce document de 32 pages relevait les dérives, les exactions,
le manque de volonté politique et le sabotage de certains chefs militaires et
politiques du FPR qui entretenaient l'impunité, l'insécurité et l'injustice
partout dans le pays. Par exemple : A la page 3, le MDR fustige la violation
de l'Accord d'Arusha dans ces termes : « - non-respect par certaines
administrations du gouvernement actuel du protocole relatif à l'Etat de Droit,
surtout pour ce qui est de l'exercice des libertés politiques, et ce sous la
pression des pouvoirs occultes décidés à faire taire les partis politiques dans
ce pays et à y empêcher toute consultation électorale ».
Le MDR avait constaté le caractère antidémocratique du FPR
dès sa prise de pouvoir en 1994. Le fait de l'avoir publié et diffusé en
français fut très mal interprété par les ténors du FPR.
Pour terroriser le MDR, le FPR a commencé par éliminer
ses sympathisants qui s'exprimaient :
-
Le soir du 29 janvier 1995, le propriétaire du journal INTUMWA
qualifié de pro-MDR, Monsieur MUTSINZI Edouard, fut attaqué et sa tête fut
fracassée par un escadron de la mort dans un bar situé devant sa maison à
Nyamirambo. Il est handicapé à vie et réside en Belgique. Le journaliste du
journal UMURAVUMBA, Monsieur HAKIZIMANA Apollos, fut assassiné
le 27 avril 1997 à 21h. D'autres journalistes furent persécutés comme NIYOYITA
Isaïe qui fut emprisonné avant son décès en mai 1997 et NKULIZA Amiel qui fut
emprisonné sans dossier pendant deux ans. En janvier 2002, il fut emprisonné
suite à un article sur le MDR dans le n°50 de son journal « Le Partisan ». Cet
article provoqua l'emprisonnement du Secrétaire Général du MDR, Monsieur
Pierre GAKWANDI qui croupit toujours en prison. Le journaliste Amiel Nkuliza a
disparu mystérieusement en 2002 sans laisser de traces malgré la rumeur sur
son éventuelle fuite.
-
La première brèche du Bureau politique MDR
fut ouverte par un bref
communiqué du MDR daté du 6 mars 1995 et dont voici le contenu :
« Le Bureau politique du Parti MDR s'est réuni à Kigali ce 5 mars 1995 pour
statuer sur le comportement indigne d'un de ses adhérents en la personne de M.
Anastase GASANA, actuel Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération.
Le Bureau politique a retenu à l'endroit de l'intéressé la charge
d'indiscipline au sein du Parti et d'insubordination envers ses organes
dirigeants. Cette attitude délibérée du Sieur GASANA étant préjudiciable au
parti et à l'intérêt national, le Bureau politique a décidé de le suspendre du
Parti pour une durée indéterminée. Fait à Kigali, le 06 mars 1995. Le
Président du Parti MDR, Faustin Twagiramungu, (signé) p.o. Eugène Ndahayo,
Secrétaire Exécutif ». Les extrémistes du FPR réussirent ainsi à « semer
la division » et à créer leur première taupe dans le MDR.
-
Les manœuvres classiques de création des taupes parmi les adhérents du
MDR furent poursuivies par le FPR sous le gouvernement du Premier Ministre
P.Célestin RWIGEMA fin 1995. Les taupes furent renforcées avec la création de
la faction dirigée par Emmanuel Twagirumukiza qui se réclame de « Impinduramatwara
ya Kibungo = Rénovation de l'idéologie de Kibungo » et qui a rejeté la
candidature de Faustin Twagiramungu dans son communiqué du 16/12/2002 au nom
de sa faction du MDR.
-
Entre 1995 et 2000, plusieurs députés du MDR furent persécutés sous
plusieurs formes. Le député J.Baptiste SEBARAME fut suspendu du Parlement en
décembre 1995. Le député Damien KIRUSHA est mort le 12/05/1996 sans tomber
malade après avoir subi des jets de pierres sur sa résidence. Le 17/06/1997 à
19h40 le député MDR, Monsieur Eustache NKERINKA, a failli être assassiné au
Rond-point de Kimihurura à Kigali.
-
Avec l'assassinat spectaculaire du Sous Préfet Placide KOLONI, sa
femme et ses deux filles dont les corps ont été brûlés dans leur maison à
Ruhango (Gitarama), la junte militaire a poursuivi l'assassinat et/ou
l'emprisonnement systématique de plusieurs autorités locales adhérents du
MDR. En voici un bref aperçu : Dans la nuit du 10 au 11 mai 1996,
le Bourgmestre de Karengera (Cyangugu), Mme MUKANDOLI Anne Marie, fut abattue
de plusieurs balles chez elle par un élément en uniforme militaire. Dans la
soirée du 7 juillet 1996, le bourgmestre de Rushashi (Kigali-rural)
MUNYANDAMUTSA Vincent, fut assassiné à 3 km de chez lui et 17 personnalités
dont le procureur de Rushashi, Floribert Habinshuti tué avec toute sa famille
et le directeur de l'Ecole Secondaire de Rwankuba périrent dans trois
embuscades du Capitaine APR Gakwerere à Kirenge (Rushashi) et en commune Tare.
L'assassinat des bourgmestres de Gikoro, TWAHIRWA Néhémie (tué en mars 1995)
et celui de Nyabikenke, Elie DUSABUMUREMYI enlevé et tué par les militaires
APR le 11 juillet 1996. Dans la nuit du 27 au 28 Octobre 1996, le bourgmestre
de NYAKABUYE (Cyangugu), Madame MUKABARANGA Judith, a été abattu chez elle par
des malfaiteurs non identifiés, etc
-
Emprisonnement arbitraire des enseignants MDR de tout le pays à partir
de novembre 1994. Fin février 1999, le FPR s'en prit aux plus hauts dirigeants
MDR : Bonaventure Ubalijoro (président du MDR), de Nkeramugaba André (membre
MDR mort de torture en prison) etc
-
L'exil des personnalités MDR du gouvernement : Après la démission du
Premier Ministre Faustin Twagiramungu, le limogeage du Ministre Jean Baptiste
Nkuliyingoma, il y a eu la fuite du Secrétaire général du MDR Eugène Ndahayo ;
la fuite d'un membre du Bureau politique MDR et directeur de cabinet de
Twagiramungu (d'août 1994 à fin mai 1995), Monsieur Jean Damascène
Ntakirutimana, qui a dénoncé les dérives totalitaires et la campagne de
diffamation du FPR dans son communiqué du 20 novembre 1995 dans ces termes :
« Depuis mon lieu d'exil, je suis outragé d'apprendre que le FPR a fait
inscrire mon nom sur la liste des hutu génocidaires... Quiconque dénonce les
crimes imputables au FPR est accusé automatiquement de vouloir minimiser le
génocide. Le FPR n'a qu'une seule obsession : garder le pouvoir. Il est
affligeant voire immoral de voir que le FPR fait du génocide son fonds de
commerce... Le FPR tente de nous énerver pour nous pousser vers l'extrémisme
hutu, il veut nous réduire au silence, il tente de prouver qu'on ne peut être
opposé au FPR sans être criminel. En agissant ainsi, il trouve un alibi pour
refuser le dialogue pourtant accepté lors de la Table Ronde (des bailleurs
de fonds) de Genève. Il veut me salir, et par ricochet discréditer tous les
HUTU qui ont démissionné et fui le FPR car nous sommes des témoins gênants. Le
Rwanda profond a peur, TUTSI comme HUTU. Les prisonniers meurent avant les
procès. Le fossé entre les deux communautés hutu et tutsi ne cesse
d'augmenter. Le FPR a peur de perdre le pouvoir et organise une terreur des
hutu supposés être complices des interahamwe comme les tutsi étaient complices
du même FPR ! Les partis politiques et la presse libre ont disparu ... Partout
on accepte de partager le pouvoir pour arriver à la paix. Le FPR quant à lui,
tourne le dos au dialogue et préfère la dérision ».
-
La déclaration « J'accuse le FPR de crimes de génocide et de
purification ethnique et appelle une enquête internationale urgente » du 8
décembre 1995 faite dans son exil à Nairobi par l'ancien chef du
Service Civil de Renseignements (S.R.P) du Premier Ministre Faustin
Twagiramungu, Monsieur Sixbert MUSANGAMFURA, fit l'effet d'une bombe. Cet
adhérent du MDR, sauvé par les troupes du FPR et évacué de Kigali vers le camp
de déplacés de guerre à Byumba est un rescapé des Forces démocratiques de
changement (MDR, PSD, PL) qui a accusé le FPR d'avoir massacré « autour de
312.726 personnes dans des crimes de représailles et de contre génocide entre
avril 1994 et juillet 1995 ». Ces crimes de sang ont été perpétrés d'une
façon sélective, délibérée et planifiée par les militaires et cadres du FPR.
De ce nombre, son Service Civil de Renseignement avait pu établir « des
listes nominatives mais non exhaustives de plus de 104.800 personnes tuées par
le FPR après sa prise de pouvoir ». Il a déclaré, à cette époque, disposer
« des noms des lieux où se trouvaient 173 fosses communes ».
Toutes ces accusations faites par des personnalités du MDR,
qui ont occupé des postes importants dans le gouvernement FPR, ne pouvaient pas
réjouir la junte militaire du Général Paul KAGAME et les extrémistes
tutsi qui l'entourent et qui ont besoin de s'assurer l'impunité pour leur
responsabilité dans la tragédie rwandaise.
D'après Radio Rwanda, il y a eu un débat de 7 heures durant
lesquelles les députés ont débattu sur de fausses accusations rassemblées par la
commission parlementaire contre des membres d'un parti politique reconnu
légalement. Cette commission est composée par les députés suivants : MUKAMA
Abbas (président), MITARI Protais (vice-président), SOMAYIRE Antoine,
MUJAWAMARIYA Antoinette, RUTIJANWA Médard, RUDAHUSHA Jean Bosco et RANGIRA
Adrien. Le profil personnel et politique de chacun de ces députés montre très
bien que leur rapport ne résulte pas d'une enquête sérieuse et impartiale, mais
qu'il s'agit d'un faux dossier confectionné par la DMI depuis plusieurs années
déjà.
Il faut rappeler que la stratégie de la machine de
désinformation du FPR (dont la DMI, les médias publics : Radio Rwanda, Imvaho,
Nouvelle Relève, Ingabo) consiste à fabriquer des fausses preuves en trois
phases suivantes : 1) lancer des fausses accusations dans la rumeur publique et
dans les médias proches du pouvoir ; 2) initier de fausses enquêtes (par la DMI,
la police, la SRP, certains magistrats du Parquet et activistes d'IBUKA) au
sujet de la prétendue rumeur publique ; 3) instruire et produire de fausses
preuves et de faux dossiers judiciaires qui sont directement suivis par des
emprisonnements arbitraires.
Après avoir utilisé tous les coups bas à l'aide de certains «ministres
et députés mercenaires » et adhérents du MDR, la dernière carte du
Président Kagame fut de commanditer brutalement la dissolution du MDR via un
parlement et un gouvernement purifiés politiquement et contrôlés par le FPR. Le
Centre estime que les députés font sciemment l'amalgame entre le parti MDR
rénovée en 1991 et l'ancien parti MDR PARMEHUTU créé en 1957 et dissout en
juillet 1973 par la junte militaire du Général Juvénal HABYARIMANA.
2. Le discours prononcé le 31 mars 2003 à BWISIGE par le
Président Paul KAGAME visait les dirigeants et adhérants MDR :
Dans son discours prononcé le 31 mars 2003 à Rebero, district
BWISIGE, province de Byumba, le président rwandais, Paul KAGAME, ciblait le MDR
qui est sensé avoir de nombreux adhérents dans le pays. Il l'a exprimé dans ces
termes : « Ceux qui disent qu'ils ont une récolte de sorgho et de mais, moi
je leur dis que nous avons des moulins, nous allons moudre ce mais et ce
sorgho » ;
« Les exilés qui passent leur temps à aboyer, ne reviendront
que pour enseigner les divisions mais je vais les blesser à leur tour ». Ici
il visait l'opposant extérieur Faustin Twagiramungu ;
« Ceux qui fuient le pays en cachette et sous notre regard,
nous les laissons partir, il y a ceux qui sont encore retenus par les postes
qu'ils occupent au sein du Gouvernement, je vais les limoger pour leur faciliter
la fuite » ;
« le résultat des élections prévues prochainement, moi je le
sais à 100%, le résultat sera le résultat que j'aurai planifié moi-même et
conforme à la volonté du gouvernement seulement ».
Ici, Kagame confirme
qu'il sera le seul candidat après la dissolution programmée du MDR.
3. L'épuration ethnique et politique du Parlement avait un
but:
Depuis mars 1999, le Président Paul KAGAME et sa junte
militaire ont toujours utilisé le parlement rwandais pour éliminer plusieurs
députés progressistes et critiques qui tentaient de jouer leur rôle de vrais
parlementaires. Depuis cette époque, près de VINGT députés ont été limogés et/ou
changés comme on change des chemises et selon l'humeur de Kagame. Cette
stratégie de division et de despotisme a continué de miner le « parlement officiel »
tandis que des «mini-parlements occultes » de Kagame siègent dans des « réunions
privées » où il se décide toutes les basses manœuvres visant à écarter les
vrais leaders politiques ou à récupérer les partis politiques susceptibles
d'exprimer leur constat ou leur opinion sur la gestion du pouvoir.
Depuis le 9 mai 1998 et grâce au forum des partis politiques
imposé par elle et présidé dès sa création par le Secrétaire général du
FPR, Monsieur Charles MULIGANDE, la junte militaire a réussi progressivement
l'épuration ethnique et politique du Parlement et du Gouvernement par de
nombreux limogeages qui emportèrent des personnalités valables mais
indésirables :
Le 11 mars 1999, au cours de cette épuration, quatre députés
MDR, ont été exclus du Parlement après avoir refusé de démissionner sur
décision du Forum des partis politiques :
- SEBARAME J.Baptiste fut accusé de génocide et suspendu pour
quatre ans ;
- BIZIMANA Jean Léonard fut accusé de génocide dans
Kigali-rural et de collaboration avec les infiltrés et d'absentéisme au
parlement.
- NKELINKA Eustache fut accusé de ne pas soutenir la politique d'unité et de
réconciliation nationale. On l'accusa de collaboration avec la rébellion hutu ;
- MANIRAGUHA Jacques fut accusé de ne pas soutenir la
politique de réconciliation.
Le 11 avril 1999, deux autres députés MDR ont fait partie
d'un lot de six députés qui étaient menacés de limogeage s'ils ne démissionnent
pas dans 15 jours. Il s'agit de Messieurs :
- KAVUTSE Léonard qui fut accusé de propagande raciste ;
- BIZIMUNGU Charles qui fut accusé d'avoir une seconde épouse
alors qu'il n'était pas divorcé de la première ;
4. Antécédents :
4.1. Le FPR s'oppose à la création de nouveaux partis :
4.1.1. La création du Mouvement Nation-Imbaga y'Inyabutatu
Nyarwanda
La volonté d'étouffer tout multipartisme au Rwanda, la Junte
militaire de Kagame l'a manifesté par le communiqué de presse du 22/02/2001 par
lequel l'Ambassadeur du Rwanda à Bruxelles, Monsieur Jacques BIHOZAGARA,
déclarait que « l'Etat Rwandais considère illégale toute initiative
irrespectueuse des principes énoncés dans sa constitution minutieusement
élaborée après de durs moments de négociations et défie toute manœuvre de
distraction de l'opinion rwandaise et internationale ». Ce communiqué
résumait la position du Gouvernement rwandais sur le présumé « Mouvement
politique Nation-Imbaga y'inyabutatu Nyarwanda » qui venait d'être créé à
Bruxelles par des opposants tutsi et hutu et qui dénonçait le FPR dans ces
termes : « Regrettant l'échec des Accords de Paix d'Arusha, en particulier
les chapitres relatifs à l'état de droit, échec qui a conduit à l'option
maximaliste actuelle où le FPR s'est octroyé tous les pouvoirs en entretenant à
son gré des pratiques d'exclusion et des clivages divers ; Ayant enregistré
l'échec du FPR au pouvoir depuis 1994 dont la gestion a abouti à un régime
totalitaire, criminel et prédateur ; ... »
4.1.2. La création du Parti Démocratique pour le Renouveau
(PDR-UBUYANJA :
Le 30 mai 2001, dès l'annonce de la création du Parti Démocratique pour
le Renouveau (PDR-Ubuyanja) par l'ancien président de la République, Pasteur
BIZIMUNGU et l'ancien ministre des travaux publics, Charles NTAKIRUTINKA, la
junte militaire déploya sa machine répressive et empêcha Monsieur Bizimungu de
quitter sa résidence qui fut tout de suite encerclée par des militaires. Les
journalistes présents chez lui furent interrogés par la Police.
Le porte-parole du Gouvernement et Ministre de la Jeunesse,
des Sports et de la Culture, François NGARAMBE, a déclaré au journaliste de
Radio BBC que le Gouvernement s'était réuni dans la nuit du 30 au 31 mai 2001 et
qu'il ne tolérera pas les gens comme Pasteur BIZIMUNGU qui veulent saboter le
pays en lançant des partis politiques. « La priorité du Gouvernement est de
reconstruire le tissu social et le pays, les activités des partis politiques
doivent être laissés de côté » a-t-il déclaré. Le gouvernement a condamné la
création de ce nouveau parti politique et a retiré les privilèges ad hoc qui
avaient été accordés à l'unique ancien président de la République encore vivant
au Rwanda, Monsieur Pasteur BIZIMUNGU. D'après le projet de loi encore à l'étude
au Parlement rwandais, Bizimungu bénéficiait de ces honneurs et privilèges pour
lui éviter qu'il ne tombe dans l'indigence. « Ces privilèges sont accordés à
une personne qui accepte de rester dans la légalité, mais quand il sombre dans
l'illégalité, cela veut dire qu'il n'en a plus besoin » a-t-il ajouté. Selon
le porte-parole du Gouvernement, ce parti a été créé dans l'illégalité car ses
fondateurs n'ont pas d'abord solliciter l'autorisation du Ministère de
l'Intérieur.
Dans son communiqué n°003/2001 du 03/06/2001, l'Alliance
Rwandaise pour la Renaissance de la Nation (ARENA) prend la défense de
Pasteur BIZIMUNGU en ces termes : « ... l'ARENA condamne, avec force, ces
actes antidémocratiques et irrespectueux à l'égard d'un ancien chef d'Etat,
actes de violation du domicile, et de mépris des libertés et des droits
fondamentaux. Cela prouve encore une fois combien le Président Paul KAGAME
s'oppose viscéralement au pluralisme politique, et jusqu'où les bons discours du
régime diffèrent de la réalité. La persécution des opposants est un acte
déplorable, à fortiori quand il s'agit d'un ancien chef d'Etat à qui on doit
plutôt honneurs et reconnaissance pour les services rendus à la nation... Le
Président Pasteur Bizimungu et ses collaborateurs n'ont rien fait d'illégal...
Il est regrettable que le FPR ne réalise pas que l'époque du monopartisme est
révolue et que ses efforts d'étouffer le pluralisme politique ne font
qu'amenuiser davantage ce qui reste de la crédibilité du régime »
4.2. Le FPR a déjà récupéré les autres partis politiques
:
La stratégie de la junte militaire du Général Paul Kagame,
qui consiste à détruire tous les partis politiques associés à son gouvernement,
ne date pas d'aujourd'hui.
Les partis PL, PSD, PDC et PSR n'ont pas été épargnés car ils
sont aujourd'hui récupérés par cette junte militaire. Pour une récupération
moins sanglante, les experts de Kagame procèdent en quatre phases : 1)
neutraliser les membres sérieux, courageux et honnêtes de l'organisation
ciblée ; 2) infiltrer ses propres agents qui en deviennent membres ; 3) noyauter
grâce aux infiltrés qui éliminent les anciens dirigeants ; 4) récupérer
complètement l'organisation grâce aux infiltrés qui prennent la direction et
ramènent leur proie dans les filets du FPR.
4.2.1. La récupération du Parti Libéral (PL) s'est
concrétisée par :
- l'assassinat du député PL, Monsieur Evariste BURAKARI, tué
le 16/01/1997 vers 21h à Rutare, préfecture Byumba par le S/Lieutenant Kabera
accompagné de deux autres militaires dont le Lt Rugira, commandant de la
compagnie militaire de Rutare. Le député partageait une bière avec le
bourgmestre et l'assistant bourgmestre de Rutare (voir Communiqué CLIIR n°15).
- le sabotage et le mépris contre le président du PL,
Monsieur GAKUBA Narcisse, qui avait succédé à Joseph NSENGIMANA (actuel
conseiller du Président Paul Kagame). Ce médecin et ancien préfet de la province
de Kigali-rural a été obligé de s'exiler depuis 2000 après avoir fait l'objet
d'une violente campagne de diffamation et de plusieurs persécutions ;
- la démission et l'exil forcés du président du Parlement,
SEBARENZI Joseph et son remplacement à la tête du PL par l'ancien ministre Pie
MUGABO. Des députés PL limogés et exilés, etc...
- l'intimidation contre les premiers responsables de
l'association IBUKA des rescapés tutsi et du PL pour les empêcher à s'organiser
au niveau socio-politique et socio-économique ;
- Les rescapés tutsi tenaient à leur parti PL car certains
ont été tués pour y avoir adhéré.
4.2.2. La récupération du Parti Social Démocrate (PSD)
s'est traduite par :
- L'assassinat du préfet de Butare, Pierre Claver RWANGABO,
tué le 4 mars 1995 vers 21h avec son fils aîné et son chauffeur dans leur
véhicule à Save près de Butare. Le seul survivant de l'embuscade (attribuée aux
interahamwe par le régime Kagame) fut l'escorte du préfet, un jeune soldat de l'APR
appelé EGIDE qui n'a pas su expliquer comment les balles mortelles provenaient
du siège arrière où il était assis. Rappelons que Pierre Claver RWANGABO était
un adhérant du PSD témoin des massacres et de nombreux enlèvements opérés par le
FPR à Byumba où il avait été évacué par les troupes du FPR en avril 1994.
- Pour mieux semer les divisions au PSD, le FPR décida, à la
dernière minute, d'octroyer le poste de Ministre de l'Agriculture et de
l'Elevage à Augustin IYAMUREMYE alors que le PSD avait réservé ce poste
ministériel à P.Claver RWANGABO. Ce dernier avait d'ailleurs cherché un nouveau
costume pour les cérémonies de mise en place du gouvernement du 19 juillet 1994.
- Les manœuvres de bassesse pour neutraliser et écarter le
président du PSD, Charles NTAKIRUTINKA ont commencé quelques mois après
l'assassinat de Rwangabo. Suite à toute une série de tracasseries, les « mercenaires »
du FPR ont orchestré une véritable campagne de déstabilisation et de diffamation
visant à l'appauvrir par la saisie de ses véhicules. Ntakirutinka fut finalement
obligé de démissionner pour céder sa place que le FPR avait réservée à son vieil
« infiltré du FPR au sein du PSD » Vincent BIRUTA, actuel président du
Parlement qui a succédé à Joseph Sebarenzi. Lapidé le 8/8/01 et séquestré près
d'une année à son domicile, NTAKIRUTINKA croupit arbitrairement, depuis le
20/04/02, à la prison centrale de KIGALI en compagnie de l'ancien Président de
la République, Pasteur BIZIMUNGU, sous prétexte qu'ils ont exercé leur droit de
fonder le Parti Démocratique pour le Renouveau (PDR-UBUYANJA).
4.2.3. La récupération du Parti Socialiste Rwandais
(PSR) :
Le député du PSR, Médard RUTIJANWA est membre de la
commission parlementaire chargée de liquider le MDR. Ce député a fait allégeance
au FPR dès sa victoire militaire en juillet 1994. Son collègue le député
MBERABAHIZI J.Baptiste (exilé en Belgique) fut remplacé par le député
RUCIBIGANGO qui siège et milite pour le FPR au parlement.
4.2.4. Le Parti Démocrate Centriste (PDC est l'ancien Parti Démocrate Chrétien)
Suite aux pressions du Forum des partis, le PDC et le PDI
(Parti Démocratique Islamiste) ont changé leurs noms en juin 1998 « afin de
rassurer les membres des autres confessions religieuses » selon le journal
gouvernemental «La Nouvelle Relève» du 15/06/98. Le premier président du PDC,
Jean Népomuscène NAYINZIRA, a été écarté lorsqu'il s'est opposé à la création du
FORUM des partis politiques imposé par le FPR. Ce dernier utilisa Monsieur
MUKEZAMFURA Alfred pour prendre la tête du PDC. Nayinzira fut nommé à divers
postes ministériels et à d'autres postes honorifiques pour le distraire de la
gouvernance de son parti.
5. CONCLUSIONS :
Le projet de destruction de tous les partis politiques
associés au gouvernement FPR a été réalisé avec succès. Il ne restait qu'à
liquider les dirigeants légaux du MDR à l'aide des « adhérents mercenaires » et
d'un parlement contrôlé exclusivement par le FPR. Avec son projet de dissolution
du MDR proposé par le parlement et adopté par le gouvernement, le FPR vient de
dévoiler sa vraie nature antidémocratique, anti-nationaliste et inhumaine.
Le Parlement rwandais devrait proposer les moyens de lutte
contre les agissements des responsables du FPR qui ont décidé unilatéralement de
ramener le Rwanda sous le joug d'un nouveau monopartisme. Depuis neuf ans, le
FPR transforme le Rwanda en un « Etat-garnison » où tout le pouvoir se
trouve entre les mains d'un petit noyau de chefs militaires, d'agents de la
Directorate of Military Intelligence (DMI) et des milices Local Defense Forces
(LDF) qui vivent du racket. La population rwandaise est de plus en plus
appauvrie par l'insécurité, la terreur, la mauvaise gouvernance et l'exclusion
politique, économique et sociale.
Dans son propre rapport daté du 17 mars 2003 sur le MDR, la
Commission parlementaire reconnaît lui-même que
« l'idéologie de discrimination a des
conséquences sur la bonne gouvernance de l'Etat car, au lieu de viser les
intérêts généraux du pays, le dirigeant s'intéresse à sa clique, ceux qui ne se
voient pas en lui le craignent et lui craint ses dirigés et ses collaborateurs
et les affaires de l'Etat sont freinées ».
Considérant ce qui précède, c'est le FPR qui devrait être
sanctionné car ce sont ses hauts dirigeants qui sèment la division dans d'autres
partis politiques pour les détruire et les récupérer afin de consolider leur
monopole du pouvoir qui leur assurer l'impunité dont ils ont besoin.
6. Recommandations : le Centre recommande instamment :
Au Président de la République, le Général Paul KAGAME de:
- Cesser ses manipulations et ses pressions sur les
Institutions de l'Etat Rwandais ;
- Cesser toute forme de terrorisme et d'intimidation contre
les dirigeants et les adhérents du MDR et contre les autres opposants politiques
résidant à l'intérieur et à l'extérieur du Rwanda ;
-Libérer immédiatement tous les détenus innocents et tous les
prisonniers politiques comme Messieurs Pasteur Bizimungu, Charles Ntakirutinka,
Pierre Gakwandi ;
- Démissionner pour avoir menacé publiquement ceux qui osent
critiquer la gestion du pays ;
- Reconnaître que verser le sang « gukomeretsa » et
réduire en poussière « gusya » ses administrés ne fait pas partie des
attributions du président de la République ;
- Livrer ses militaires impliqués dans le génocide rwandais,
dans les crimes de guerre et crimes contre l'humanité ;
- Se livrer lui-même comme le président yougoslave Slobodan
MILOSEVIC au TPIR où il doit répondre de ses crimes de génocide, crimes de
guerre et crimes contre l'humanité ;
- Retirer les insultes qu'il a proférées contre les opposants
politiques exilés qui lui proposent un dialogue inter-rwandais préalable à toute
élection démocratique et transparente ;
Aux députés du Parlement rwandais :
- Les députés du MDR, qui jouent le rôle de « mercenaires »
du Président Kagame doivent démissionner du MDR et adhérer au FPR dont ils
défendent ouvertement les intérêts et les manipulations au parlement. Tous les
autres députés, opposés au multipartisme, à la démocratie et à l'instauration
d'un état de droit, doivent démissionner immédiatement ;
- Les députés consciencieux doivent résister aux fortes
pressions du FPR visant à ramener le Rwanda à l'Etat-garnison et dans une
nouvelle descente aux enfers ;
- Les députés honnêtes et courageux devraient exiger la
démission du président Kagame dont l'agressivité, la cruauté et l'impolitesse
dominent les discours.
- Les députés honnêtes doivent rejeter ou revoir les
différentes lois liberticides votées sous pression et visant à anéantir les
droits et libertés fondamentaux tels que la liberté d'expression et
d'association. Il s'agit notamment de la loi sur la presse et sur les ASBL.
Aux membres du Gouvernement rwandais de :
- Commanditer une enquête
urgente sur tous les cas d'enlèvements et de disparitions forcées
- Affirmer leur attachement au multipartisme et à la liberté
d'expression et d'association en revenant sur leur décision d'exiger la
dissolution du MDR auprès de la justice ;
- Reconnaître que l'état de droit consacre la séparation des
trois pouvoirs et que la liquidation du MDR signifierait la mort du processus
démocratique et de réconciliation nationale ;
- Exiger la démission immédiate des ministres du MDR qui
jouent « au mercenariat du FPR » tel que les Ministres NTIRUHUNGWA et
Christophe BAZIVAMO ;
- Démissionner en bloc si le président Paul KAGAME continue
de plonger le pays dans l'impasse socio-politique et socio-économique qui a
ramené le Rwanda en arrière.
Aux pays de l'Union Européenne et des Etats-Unis d'Amérique
de :
- Faire des pressions nécessaires pour lutter contre
l'impunité et éviter la mort du processus démocratique au Rwanda ;
- Imposer au Président Kagame le dialogue inter-rwandais tel
que réclamé par l'opposition démocratique et la société civile rwandaise de
l'intérieur et de l'extérieur ;
- Conditionner l'aide au rétablissement de la paix, de la
sécurité des personnes et des biens, de la démocratie et l'instauration de
l'état de droit au Rwanda ;
- Obliger le Président Kagame à retirer ses troupes du Congo
et à sanctionner ses militaires impliqués dans les massacres de réfugiés
rwandais et des populations congolaises.
Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur.
(*) Le Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda est une
association de défense des droits humains basée en Belgique, créée le 18 août
1995. Ses membres sont des militants des droits humains de longue date. Certains
ont été actifs au sein d'associations rwandaises de défense des droits humains
et ont participé à l'enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide rwandais de
1994.
Lorsqu'ils ont commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel,
ils ont subi des menaces et ont été contraints de s'exiler à l'étranger où ils
poursuivent leur engagement en faveur des droits humains.
CENTRE DE LUTTE CONTRE L'IMPUNITE
ET L'INJUSTICE AU RWANDA
Bruxelles 31 Octobre 1996
SEPT BOURGMESTRES ONT ETE ASSASSINES DEPUIS MARS 1995
Le Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda
a tenté d'enquêter sur l'assassinat ou la disparition de sept (6) bourgmestres
hutu et un bourgmestre tutsi (Mme Mukabaranga Judith, rescapée du génocide) qui
furent la cible privilégiée des extrémistes, qui n'acceptent pas que les
autorités locales protègent la population.
1) En Mars 1995, le Bourgmestre de GIKORO, TWAHIRWA
Néhémie (du parti MDR) a disparu près du marché de Rugende en commune Gikoro
(préf. Kigali-Rural).
2) Le Bourgmestre de GISHOMA (Cyangugu), Théophile
RUBANGUKA, emprisonné arbitrairement en Novembre 1994, est mort mystérieusement
à la prison de Cyangugu. Le Conseiller communal du Secteur Gisagara, qui le
remplaça, fut assassiné en Mars 1994 par des tueurs non identifiés et
apparemment insaisissables!
3) Dans la nuit du 11 au 12 septembre 1995, le Bourgmestre de
KANAMA (Gisenyi), Célestin SETAKO, son Conseiller communal du Secteur Kayove,
Abraham Rukebesha, ainsi que plus de 110 paysans hutu (des secteurs Bisizi et
Kayove) furent massacrés par l'Armée Patriotique Rwandaise (APR), sous prétexte
qu'un des leurs, le Lieutenant RURAZA J.Claude, avait été tué dans une embuscade
tendue par des "éléments non identifiés"!
4) Dans la nuit du 10 au 11 mai 1996, le Bourgmestre de
KARENGERA (Cyangugu), Mme MUKANDOLI Anne Marie (du parti MDR), fut abattue
de plusieurs balles chez elle par un élément en uniforme militaire. Une semaine
plus tard, dans la nuit du 18 au 19 mai 1996, le Bureau communal de Karengera
fut attaqué et complètement incendié par des "individus armés non identifiés"
qui auraient libéré 71 des 123 détenus du cachot communal.
5) Dimanche le 7 Juillet 1996 vers 18h30, le Bourgmestre de
la commune RUSHASHI (Kigali-Rural), Vincent MUNYANDAMUTSA (du parti MDR) fut
poignardé et tué à 300 mètres environ du Bureau communal et du Centre de négoce
de Rushashi, où il venait de passer quelques moments de la soirée avant de
rentrer chez lui à moto. Il fut tué à 3 km de son domicile. Ce jour-là, deux
autres personnalités de Rushashi ont été tuées dans deux embuscades séparées: il
s'agit du Chef du Parquet de Rushashi, le Substitut du Procureur Floribert
HABINSHUTI et du Directeur de l'Ecole Secondaire de Rwankuba: Laurent
BWANACYEYE. D'après les enquêtes de notre Centre et des autres enquêteurs
des droits de l'homme au Rwanda, ces trois embuscades ont été tendues par des
escadrons de la mort issus des milieux extrémistes tutsi, protégés par l'APR et
ses services de renseignements militaires.
6) Dans la soirée du 11 Juillet 1996, le Bourgmestre de
NYABIKENKE (Gitarama), Elie DUSABUMUREMYI est tombé dans une embuscade de
retour d'une réunion de pacification à la S/préfecture de Kiyumba (Gitarama). Il
était allé convaincre les rescapés tutsi qui avaient fui leurs domiciles de
rentrer chez eux car ils n'avaient rien à craindre. Mais le S/Préfet ne semblait
pas de cet avis et l'avait réprimandé pour cette initiative. C'est en rentrant
sur sa moto qu'il fut attaqué. Quand la population a voulu le secourir, elle a
été refoulée à coups de fusil. A part les flaques de sang retrouvé sur les lieux
de l'attaque, le Bourgmestre et sa moto ont disparu.
7) Dans la nuit du 27 au 28 Octobre 1996, le Bourgmestre de
NYAKABUYE (Cyangugu), Madame MUKABARANGA Judith, a été abattu chez elle de
plusieurs balles par des malfaiteurs "non identifiés". Le Bureau communal a été
incendié en partie et tous les détenus se seraient évadés, d'après les
responsables militaires et Radio-Rwanda.Toutes ces autorités ont été tuées parce
qu'ils gênaient les militaires dans leur répression aveugle et meurtrière contre
la population hutu en général. Le Centre ignore s'il y a eu des enquêtes
judiciaires. S'il y en a eu, ce qui est sûr c'est qu'aucune d'elle n'a abouti
jusqu'à présent.
©CENTRE DE LUTTE
CONTRE L'IMPUNITE ET L' INJUSTICE AU RWANDA
Pour le Centre, MATATA Joseph, Coordinateur
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