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Twagiramungu : Stratégie de victimisation et de persécution - Dir. Info. FPR

 

Selon le directeur de l'information du Front Patriotique Rwandais,  M. Servilien

Sebasoni, le candidat aux élections présidentielles, principal challenger du

FPR,  Faustin Twagiramungu se livrerait « depuis le début de la campagne à

une stratégie  de victimisation et de persécution ».

 

Réagissant à notre information « Twagiramungu stoppé violemment » du mercredi 20 août, selon laquelle M. Faustin Twagiramungu aurait du abandonner certaines des étapes de sa tournée électorale, M. Sebasoni nous a informé par email que le challenger du candidat avait annulé sa visite à Byumba alors qu'il aurait été attendu le 22. Il nous a aussi précisé que lors de son passage à Kibungo ce lundi 18, il serait arrivé avec deux heures de retard et que son audience qui se serait impatientée s'était résolue à assister à une course cycliste. 

 

Le porte parole de M. Twagiramungu en Belgique M. Hildebrand Kayibanda évoquait pourtant hier des jets de pierre qui auraient forcé son patron à rebrousser chemin et à abandonner les visites dans Kigali Rural et Byumba.

 

En ce qui concerne la panne de courant qui a affecté le meeting de Twagiramungu dans le Mutara, le directeur de l'information au FPR nous a fait savoir que son candidat avait aussi subi le même désagrément, en fin de meeting,  pendant

30 minutes lors de son meeting au stade Amahoro le 3 août mais que personne n'en avait fait toute une histoire.  

 

Placide Muhigana

 

21 août 2003  -   

 

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Rwanda: Faustin Twagiramungu, l'éternel rival de Paul Kagame
(AFP 25/08/2003)

KIGALI, 25 août (AFP) - Faustin Twagiramungu, candidat à l'élection présidentielle de ce lundi au Rwanda, s'est forgé une image d'éternel opposant, au régime extrémiste hutu de Juvénal Habyarimana avant le génocide, puis au Front patriotique rwandais (FPR), en osant défier le président sortant Paul Kagame.

Ce Hutu modéré a été le premier chef de gouvernement après les massacres de 1994, avant de devenir l'une des principales figures de l'opposition en exil.

Né dans la province de Cyangugu, dans le sud-ouest du Rwanda, en août 1945, M. Twagiramungu passe sept ans au Canada, où il fait ses études de 1968 à 1975, au terme desquelles il décroche une maîtrise d'économie du développement, puis débute sa carrière dans le secteur privé, dans le secteur du transport routier.

Il épouse la fille du premier président du Rwanda, Grégoire Kayibanda, renversé en 1973 par le général Juvénal Habyarimana.

Lorsque ce dernier, après le déclenchement d'une rébellion par les Tutsis du FPR, autorise le multipartisme en 1991, M. Twagiramungu refonde le parti de son beau-père, le Mouvement démocratique républicain (MDR). Cet homme au verbe acéré et à la voix studieusement posée devient l'un des principaux opposants au régime de M. Habyarimana.

Membre d'un gouvernement de transition, le MDR se scinde en deux ailes: l'une, hostile à toute négociation avec le FPR, se rapproche des extrémistes du "Hutu Power"; l'autre est favorable aux pourparlers.

M. Twagiramungu devient le chef de file des "modérés" et l'allié objectif de son futur rival, M. Kagame.

En août 1993, la signature de l'accord de paix d'Arusha prévoit l'instauration d'un gouvernement incluant le FPR et dont le chef du MDR est le Premier ministre désigné. Mais cet exécutif ne verra jamais le jour.

Le génocide commence dans la nuit du 6 au 7 avril 1994 et fera, en près de cent jours, un million de morts parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, selon Kigali.

M. Twagiramungu, considéré comme un traître par les génocidaires, se réfugie auprès de la Mission des Nations unies au Rwanda (Minuar), qui l'évacue.

Après les massacres, le FPR, victorieux sur le plan militaire, lui cède la place de Premier ministre du gouvernement de transition qui prête serment le 19 juillet.

Mais la collaboration devient vite difficile entre deux hommes autoritaires au caractère bien trempé: M. Twagiramungu, le politique, et M. Kagame, le chef rebelle devenu vice-président, ministre de la Défense et véritable homme fort du régime.

En août 1995, M. Twagiramungu démissionne avant de quitter le pays. En Belgique, où il ne demandera jamais le statut de réfugié, il tente d'organiser l'opposition en exil mais refuse tout rapprochement avec les personnes ayant trempé dans le génocide.

Rescapé des massacres, il se bat pour que la mort de ses proches ne soit pas oubliée.

"Le génocide au Rwanda, cela n'a pas signifié tuer seulement les Tutsis", se plaît-il à rappeler.

Il rentre au Rwanda le 20 juin dernier, pour se présenter en indépendant à la première élection présidentielle pluraliste depuis l'indépendance, en 1962.

Dès le début de la campagne, M. Twagiramungu est accusé de "jouer la carte ethnique". L'intéressé répond en critiquant M. Kagame, coupable à ses yeux d'avoir mis en place une "dictature dure".

Elegant dans ses costumes occidentaux, M. Twagiramungu, dont la calvitie fait le bonheur des caricaturistes, s'oppose désormais en tout au président sortant, qui aime revêtir des chemises africaines bariolées.

"Je n'accepterais pas d'être le Premier ministre de Kagame", affirme-t-il comme pour mieux s'en distinguer.

© Copyright AFP

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