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10 ans en retard ou en avance

sur le Burundi ?

 

L'armée rwandaise ne devrait pas recourir à l'assassinat du Président élu puisqu'il vient de ses rangs et qu'il en est même le chef incontesté. Au Burundi, notre faux frère jumeau, cela s'était passé tragiquement parce que l'armée et d'autres groupes radicaux avaient rejeté le verdict des urnes.

 

Pour les maîtres de Kigali ' dont beaucoup ont vécu le Burundi de 1993 ' il fallait absolument ne pas être naïf comme le major Buyoya pour éviter une répétition de cette « épisode » même si Twagiramungu n'était pas feu Melchior Ndadaye et qu'il n'y a pas (encore) d'équivalent du Front Démocratique Burundais

dans le Rwanda de 2003.  Qu'est ce le pouvoir de Kigali a voulu éviter : l'élection d'une personne étrangère au mouvement politico-militaire sorti vainqueur de la guerre, le génocide et les massacres de 1994 ; son assassinat et le chaos que le Front aurait dû lui même provoquer '

 

Le Front Patriotique Rwandais est sorti grand vainqueur des élections présidentielles qu'il s'est « taillées sur mesure » de bout en bout en empêchant toute possibilité à l'opposition démocratique et modérée incarnée par le candidat Faustin Twagiramungu d'influer significativement sur les résultats ni même de les contrôler.

 

Comparaison n'est pas raison mais si des causes similaires provoquent des effets similaires, la tournure des événements au Rwanda pourrait à court terme nous mener à un nouveau blocage tel que celui connu par le Burundi depuis l'arrêt brutal du processus démocratique au Burundi en octobre 1993, lors de l'assassinat du premier Président démocratiquement élu du Burundi (avec un score qui n'avait rien à voir avec les 96, 97, 98, 99% des anciennes dictatures marxistes léninistes ou négro-africaines) , feu Melchior Ndadaye.

 

Pour ceux qui croient au miracle, imaginons un scénario dans  lequel le FPR réaliserait son programme ambitieux, amenant le pays à ne plus être un des pays les plus pauvres au monde dont l'« élite » mendie sans vergogne l'asile politique pour ses femmes et enfants, dans les pays occidentaux, afin de leur

assurer un avenir moins précaire. Si le FPR réussit comme son homologue d'Ouganda, on ne pourra qu'applaudir. En attendant permettez nous d'être sceptiques vu les moyens déloyaux utilisés pour parvenir aux 96%.  

 

Placide Muhigana

Molenbeek

 

27/08/03, 14h05

 

 

 

 

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