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Série d'arrestations et d'accusations avant la présidentielle au Rwanda
LEMONDE.FR | 24.08.03 | 13h53
MIS A JOUR LE 24.08.03 | 19h42

Vu comment elles ont commencé, je dénoncerai ces élections  car elles ne sont ni libres ni équitables", a affirmé dimanche Faustin Twagiramungu, le principal candidat d'opposition.
 

A la veille d'un scrutin déterminant au Rwanda, la tension est brusquement montée dimanche 24 août avec l'arrestation de douze responsables de la campagne du principal candidat d'opposition et le désistement d'une candidate en faveur du président sortant.

"Douze de mes observateurs ont été arrêtés hier soir à Kigali par la police, et deux autres ont pris la fuite", a déclaré dimanche M. Twagiramungu, ancien premier ministre, principal candidat d'opposition à l'élection présidentielle de lundi, lors d'une conférence de presse à son domicile de la capitale, qui est également son QG de campagne. Douze responsables de sa campagne ont été arrêtés dimanche par la police qui les accuse d'avoir voulu préparer des "actes de violences" le jour du scrutin.

Selon le porte-parole de M. Twagiramungu, Ismaël Mbonigaba, les douze personnes arrêtées sont des "coordinateurs provinciaux accompagnés de leurs assistants". Ils étaient toujours détenus dimanche en fin d'après-midi. La police a assuré avoir arrêté les partisans de M. Twagiramungu pour "réunion illégale dans un quartier pauvre" de la capitale. "Ils étaient en train de coordonner des actions de violences dans toutes les provinces pour demain", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police, Tony Kuramba, précisant que "l'un des hommes était un soldat démobilisé".

M. Twagiramungu a expliqué que ses représentants avaient été emmenés dans des pick-up "alors qu'ils prenaient un verre à Kigali". Il a une nouvelle fois dénoncé des "harcèlements" à l'encontre de ses partisans. "Nous sommes très tristes que nos observateurs aient été arrêtés, ils devaient quitter Kigali ce matin pour les différentes provinces", a-t-il ajouté. "Vu comment elles ont commencé, je dénoncerai ces élections car elles ne sont ni libres ni équitables", a affirmé M. Twagiramungu.

DÉSISTEMENT DE LA SEULE FEMME CANDIDATE

La campagne a officiellement pris fin dimanche à 6 heures locales (et à Paris), soit 24 heures avant l'ouverture des bureaux de vote. Samedi, la tension était déjà montée d'un cran, quand le président de la Commission électorale, Chrysologue Karangwa, a accusé M. Twagiramungu de préparer un "complot" afin de "truquer" le scrutin. Pour éviter d'être accusé de tricherie ou d'incitation à la violence, M. Twagiramungu a aussitôt décidé de ne pas envoyer ses représentants dans les bureaux de vote lundi.

Par ailleurs, la seule femme candidate, Alivera Mukabaramba, s'est désistée en faveur du président sortant Paul Kagame, le grand favori de l'élection, appelant à "barrer la route" à M. Twagiramungu.

Les partisans de M. Twagiramungu ont appris sans surprise ni inquiétude ce désistement. Il "ne changera presque rien. Elle n'était pas valable, ne représentait rien en tant qu'adversaire", a déclaré Ismaël Mbonigaba, le porte-parole de M. Twagiramungu.

"Avec la candidature de M. Twagiramungu, et ses propos divisionnistes, le Rwanda est en danger", avait affirmé un peu plus tôt dans la journée Christian Marara, président du Parti du progrès et de la concorde (PPC, gauche), dont Mme Mukabaramba était la candidate. "Nous appelons à voter pour Paul Kagame pour barrer la route à M. Twagiramungu", avait-il ajouté.

Après ce désistement, outre MM. Kagame et Twagiramungu, un seul autre candidat reste en lice, l'ancien ministre Jean-Népomuscène Nayinzera, qui a confirmé qu'il allait "lutter jusqu'au bout".

Le scrutin de lundi est la plus importante élection depuis le génocide de 1994, qui a fait un million de morts parmi les Tutsis et Hutus modérés, et la première présidentielle pluraliste depuis l'indépendance de ce pays d'Afrique centrale, en 1962.

Avec AFP

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