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 L'Economie du Rwanda actuellement prouve combien le pouvoir du FPR est peu soucieux de son peuple :

La pauvreté, la misère, les maladies, l’angoisse, la peur, la crainte de disparaître, le sous développement généralisé ne sont ni une tare ni une fatalité ou une malédiction de notre peuple. L'expérience des années 1970 et 1980, les années glorieuses de notre prospérité, prouve suffisamment comment les Rwandais sont travailleurs et ingénieux et peuvent encore se relever si la paix et la sécurité pouvaient leur être assurées. Bien sûr notre pays n'a pas les mêmes ressources que ses voisins, mais sa ressource fondamentale est le génie et travail assidu de son peuple. Pouvons-nous pacifier ce peuple, le réconcilier à jamais et le protéger contre les prédateurs qui se battent pour les « places » et qui, toujours, finissent leur combat dans un bain du sang?

Oui, je ne voie qu’une seule solution: rendre justice et rendre le pouvoir à ses « propriétaires » que sont le peuple rwandais afin de pouvoir se consacrer à son développement économique sans la peur de disparition, ni d'emprisonnement arbitraire, facteurs qui démotivent la population .

L'autre solution réside aussi dans le combat qu’il faut mener contre la pauvreté. Les statistiques montreront toujours, et souvent de manière exagérée, des progrès réalisés par le régime en place. Le taux de croissance élevée, souvent au-dessus de 8%! Ces statistiques fantaisistes sont une chose et la réalité en est une autre. Pour combattre pauvreté, il nous faut développer les milieux ruraux. La construction de belles villas ne constitue en aucun cas le meilleur paramètre de notre développement. J'aimerais avoir dans mon pays plus de kiosques, de petits bazars, plus de magasins et de petites unités artisanales de production que de villas et de belles voitures.

Comment pouvons-nous prétendre au développement endogène si l’endettement public extérieur qui était de 0.8% de PIB en 1990 est aujourd'hui plus que 1.6%, soit le double de la dette publique en une décennie, alors que la misère de la population rwandaise s’est aggravée (Voir le rapport mondial du PNUD sur développement humain 2001). Le vide causé par la guerre de 1990-1994 et le démantèlement de l'Etat par les deux belligérants (le FPR et les FAR) ne suffisent pas pour justifier ce passage. Le gaspillage des deniers publics pour l'effort de guerre au Congo et la corruption sont quelques pièces à conviction de l’accroissement excessif de la dette de notre pays.

Cette évolution est d’autant plus inquiétante qu’aucun programme cohérent de relance économique n’a jamais été mis en oeuvre. La fraude presque recommandée par le pouvoir, les crimes économiques contre le Congo, l'abandon des domaines et entreprises étatiques dans les mains des étrangers souvent sans contrepartie sinon à des prix ridicules et dérisoires , l’inflation, la corruption, ce sont tous les signes qui ne trompent pas. Plus que jamais dans la fonction publique, aux critères de compétences, d'efficacité et de mérite, s’est substituée une préférence marquée pour clientélisme politique, synonyme d’opportunisme et de médiocrité, qui relègue au rang de mythe et de voeu pieux, le culte d'excellence tant prôné par les autorités rwandaises actuelles.

Un programme politique intégré

Il faut aujourd'hui, même plus que par le passé, insister sur un programme économique cohérent, orienté vers la population des milieux ruraux. Il faut éviter les déficits budgétaires causés par des programmes inutiles dont l’endettement deviendrait de lourds fardeaux pour nos enfants. Devrons-nous continuer à nous battre en DRC? Non. Je suis pour le retrait total de toutes les forces militaires rwandaises et le retrait de tout soutien aux rebelles congolais.

Je soutiens l'accord de Pretoria, signé fin juillet 2002, entre le Rwanda et la RDC. Car la guerre se finance et un tel objectif, même dissimulé, est inutile. Nous devons dialoguer avec nos frères congolais pour résoudre nos différends pacifiquement, s'il y en a réellement.

Il faut faire la différence les combattants rwandais et les vrais réfugiés qui vivent en RDC. Ces derniers méritent d’être protégés par la communauté internationale, s’ils ne veulent pas retourner dans leur pays d'origine. C'est leur choix et il faut le respecter. En revanche, ceux qui optent pour leur retour au pays, cela ne devrait pas être garanti seulement aux réfugiés se trouvant en RDC, mais aussi à tous les autres réfugiés rwandais se trouvant dans d’autres pays africains (Congo, Brazzaville, République Centrafricaine, Afrique de l’Est et australe) en Europe et en Amérique du Nord.

Beaucoup de jeunes diplômés vivent à l'extérieur mais leur désir le plus ardent est de revenir dans leur pays et contribuer à son développement social et économique. Un programme économique cohérent exige aussi une politique cohérente et conséquente pour leur retour. Il faut créer les conditions de la sécurité normales de sécurité, basées sur des principes de liberté, des principes démocratiques, afin que non seulement ces jeunes mais les adultes, partout où ils sont, puissent rentrer dans leur pays où ils pourront être en compétition avec les autres jeunes restés au Rwanda. Une telle compétition constructive n’est pas à combattre mais devrait être encouragée pour le bien de notre pays.

Il faut favoriser le crédit bancaire chez les petits commerçants, tout en réexaminant le règlement douanier et celui des taxes et impôts. Toute politique économique qui crée des victimes et non des bénéficiaires, devrait être combattue, car elle ne sert pas les intérêts de la majorité de la population mais simplement d’une frange de cette population.

La finalité d'un programme économique devrait être le développement de chaque citoyen. Les salariés, les étudiants issus des milieux pauvres et paysans, les jeunes des milieux ruraux et urbains, les agriculteurs et éleveurs, les fonctionnaires de l’Etat, les artisans, tous ont besoin d’être rassurés d'un avenir certain, en insistant sur le revenu, le logement, la santé, l’éducation, le transport, l’eau potable, la culture, le sport, le loisir et, surtout leur sécurité pour tous. Celle-ci est fondamentale pour le progrès de notre économie.

Nos dirigeants actuels ont amélioré la situation de quelques groupes sociaux plus fragilisés, comme les orphelins, les veuves, et les rescapés en général, mais ont négligé les paysans des zones rurales aujourd’hui presque abandonnées.

La situation au Rwanda nécessite un plan économique global qui dépasse les velléités du Président de la République, les manipulations des chiffres par le Ministre des Finances et de l’Économie et les déclarations officielles du gouvernement rwandais. Ce plan devrait requérir les réflexions de toutes les composantes de la société rwandaise. Les réformes s’imposent et elles doivent être discutées dans un cadre très large, en vue d’associer un grand nombre de Rwandais à la prise de décisions concernant ces réformes. Ce cadre permettrait de réunir nos meilleurs économistes, sociologues, directeurs, agronomes, spécialistes de l'éducation ainsi que les représentants des ONG nationales, les représentants des opérateurs économiques à divers niveaux et les hommes d'affaires, dans le but de faire un éventaire de ressources nationales, de procéder à la définition de besoins et à la détermination des moyens d’atteindre les objectifs qui seraient fixés.

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