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"Je défendrai toujours et partout la justice, la liberté, la tolérance, le consensus, la solidarité entre les peuples, l'égalité des chances, le travail comme fondement de l'autonomie individuelle, l'éducation comme base des connaissances et de tout progrès et enfin l'amour du prochain et l'amour de la patrie. Je combattrai toujours l'exclusion et le racisme sur toutes ses formes. Pour que ces valeurs puissent être valablement défendues, il me faut vivre dans un Rwanda nouveau où la paix et la sécurité sont garanties par l'Etat de droit, par les institutions issues d'une démocratie authentique, et non garanties par une personne ou par une oligarchie. Je respecterai les institutions solides, qui conviennent à mon peuple, avant de respecter des individus qui m'intimident, me harassent et me menacent de mort ou d'emprisonnement" Faustin Twagiramungu

Les anges qui doivent faire les lois.


©  
twagiramungu.net

Qui a tiré un missile sol-air contre le Falcon-50 du président rwandais Juvénal Habyarimana, alors en phase d'approche au-dessus de Kigali, le 6 avril 1994 ?  Le crash qui coûta la vie au président du Rwanda, à son homologue burundais, Cyprien Ntaryamira, à plusieurs ministres et à un équipage français fut l'élément déclencheur du premier génocide en territoire africain.

Mr.Kagame se permet d'accuser:"Ils (les Français) ont fourni des armes, ils ont donné des ordres et des instructions aux génocidaires", a affirmé le dirigeant rwandais.

"Les Français étaient là au moment ou le génocide a eu lieu, ils ont entraîné les génocidaires, ils étaient à des postes de commandement au niveau des forces armées qui ont commis le génocide" a-t-il ajouté.

"Ils ont aussi directement participé aux opérations en filtrant les barrages routiers pour identifier les gens sur une base ethnique en punissant les Tutsis et en favorisant les Hutus", a-t-il poursuivi.

Assurant qu'il "y a de multiples preuves sur la participation des Français", notamment des "vidéos" il a estimé "qu'à un moment ou un autre, il faudra qu'ils répondent de leurs actes soit devant une cour française soit devant un tribunal international".

"En 91 ou 92 je suis passé à Paris à l'invitation des autorités, un officiel m'a dit, +si vous n'arrêtez pas la guerre, le temps d'arriver à Kigali tous les vôtres seront morts+. Je n'ai jamais oublié cette phrase qui témoigne de l'implication directe du gouvernement français ou de certains éléments" a encore expliqué le dirigeant rwandais.

"Ces éléments impliqués dans le génocide sont-ils au dessus des lois? Le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) ou la Cour pénal internationale sont-ils réservés aux pays du tiers monde?", s'est-il demandé.

Pour lui, "il est temps que la France examine ses propres responsabilités au lieu de faire diversion sur le génocide en parlant de l'avion, de la boîte noire, toutes les absurdité qui sont évoquées au tribunal".

Interrogé sur l'ouverture des archives rwandaises, M. Kagamé a dit: "un jour nous pourrons le faire, nous avons beaucoup d'information sur le génocide. Nous verrons comment certains se comportent, peut-être cela viendra-t-il le jour où certains se retrouveront à la barre d'un tribunal".


"L’arrivée au pouvoir du Président Habyarimana en 1973 avait permis le renforcement de la coopération bilatérale entre le Rwanda et la France, qui avait conduit notamment à la conclusion d’un accord de coopération militaire en 1975, le Rwanda diversifiant ainsi, comme c’était son droit, ses partenaires.", rappelle Mr.Faustin Twagiramungu

Il faut préciser, ajoute-t-il, que la coopération franco‑rwandaise avait permis, entre autres, la création d’une gendarmerie nationale, ainsi que la formation des officiers gendarmes, et que l’école de la gendarmerie nationale, l’EGNA, située à Ruhengeri et très bien connue de la population, était le fruit de cette coopération.

La coopération franco‑rwandaise loin de se limiter aux questions de sécurité, s’étendait à d’autres domaines, notamment économique et surtout socioculturel et que la France, par l’intermédiaire de la Caisse de coopération économique, avait assisté le Rwanda dans divers projets de développement. Il y a eu entre autre la construction d’une école primaire, appelée Ecole française, d’un lycée, du centre culturel franco-rwandais de Kigali, la formation d’agronomes au groupe scolaire de Butare, l’envoi de professeurs à l’université nationale du Rwanda et dans divers collèges, l’attribution de bourses aux étudiants rwandais pour leur permettre de venir en France, la prise en charge de l’hôpital de Ruhengeri, la promotion du tourisme, avec la construction des hôtels Méridien de Kigali et de Gisenyi, la construction du centre d’accueil des chefs d’Etat de la conférence franco-africaine, le jumelage entre la préfecture de Butare et le département du Loiret et l’élargissement de la coopération militaire, qui avait été limitée dans un premier temps à la formation de la gendarmerie.

Il faut juger que l’intervention de la France, en même temps que celle de la Belgique et du Zaïre en octobre 1990, s’inscrivait non seulement dans le cadre précis des accords de coopération militaire, mais aussi dans celui des bonnes relations établies entre les deux pays.

Après la conférence de La Baule de juin 1990, le Président Habyarimana avait déclaré le 5 juillet 1990, que son parti, le Mouvement révolutionnaire national pour le développement (MRND) allait subir une révision de ses principes politiques, une sorte d’aggiornamento, et que le pays allait connaître un processus de démocratisation grâce à la réactivation du système multipartite en suspens depuis 1965.

Soucieux de le prendre au mot, trente-trois Rwandais, dont lui‑même, avaient alors adressé au Président, le 1er septembre 1990, une lettre confirmant qu’effectivement, le peuple rwandais manifestait un grand intérêt pour le rétablissement d’un système multipartite au Rwanda. Les Rwandais avaient ensuite entrepris d’élaborer les programmes et les statuts de leurs différentes formations politiques, en attendant que la nouvelle constitution soit promulguée et la loi sur les partis politiques publiée au Journal officiel. En juillet 1991, les premiers partis politiques étaient agréés, en août 1991 ils commençaient leurs meetings publics et en janvier 1992, ils réclamaient leur participation à un gouvernement de transition qui devait préparer des élections démocratiques.

M. Faustin Twagiramungu a ajouté que, face à la répugnance du Président de la République à répondre rapidement à cette interpellation, les partis politiques d’opposition avaient décidé d’organiser une manifestation dans la ville de Kigali, laquelle avait mobilisé près de 50 000 personnes. Le Président, ayant pris la mesure de la très grande force de l’opposition naissante, a alors accepté d’engager des négociations avec les responsables de ces partis sur un programme gouvernemental minimum dans la perspective d’un partage des pouvoirs. Ces négociations ont abouti à la constitution d’un gouvernement dirigé par un membre du MDR, M. Dismas Nsengiyaremye.

M. Faustin Twagiramungu a alors évoqué les conséquences de la guerre sur le processus de démocratisation. Il a rappelé que, le 1er octobre 1990, l’Ouganda avait imposé au Rwanda une guerre qui allait durer pendant quatre ans. Il a fait observer que cette guerre avait été bien préparée sur le plan médiatique. Il a expliqué qu’elle était dirigée par un vice‑Ministre de la Défense du Gouvernement ougandais et chef d’état‑major de l’armée ougandaise, la National Resistance Army, le Général Major Fred Rwigyema, et que, après sa mort sur le champ de bataille, deux jours après le début des combats, celui‑ci avait été remplacé par le Major Paul Kagame, alors Chef des services de renseignement militaire de l’armée ougandaise, aujourd’hui l’homme fort du Rwanda.

Il a ajouté que le FPR se présentait alors comme une organisation démocratique représentant 2,5 millions de Rwandais exilés, ce qui n’était pas vrai, et qu’il accusait le régime du Président Habyarimana d’être dictatorial et d’avoir refusé à ces exilés le retour pacifique dans leur pays.

Il a insisté sur le fait que l’acceptation par le Président Habyarimana du retour des réfugiés rwandais, dans une déclaration prononcée en Ouganda en 1989, au cours de la visite officielle qu’il avait faite dans ce pays, l’accord intervenu entre le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR), l’Ouganda et le Rwanda pour étudier les modalités pratiques de ce retour et enfin l’ouverture du Rwanda à un système multipartite destiné à mettre fin à sa propre dictature constituaient un changement positif et rapide de son attitude sur la question des réfugiés et celle de sa politique intérieure, et mettaient le FPR dans une situation inconfortable, en le privant d’arguments sur ces deux points, alors qu’ils constituaient l’ossature de sa campagne politique.

Il a précisé que, depuis 1989, plusieurs réunions de la commission tripartite sur la question des réfugiés s’étaient tenues au Rwanda et en Ouganda, en vue d’examiner la faisabilité du retour des réfugiés rwandais ; il a également fait remarquer que l’attaque avait eu lieu le 1er octobre, alors qu’une dernière réunion de finalisation du dossier des réfugiés devait avoir lieu à Kigali, dans le courant de ce même mois d’octobre et qu’en septembre 1990, les partis politiques avaient déjà commencé à se structurer.

M. Faustin Twagiramungu en a conclu qu’en définitive, les raisons avancées par le FPR pour lancer son attaque contre le Rwanda, à savoir l’instauration de la démocratie et le retour des réfugiés, en dissimulaient les vraies causes. Selon lui, cette guerre soutenue par l’Ouganda en guise de récompense des services rendus au Président Museveni par les rwandophones pour lui permettre de l’emporter sur le régime Obote en janvier 1986, s’était fixé comme objectif le démantèlement de l’Etat rwandais et la conquête d’un pouvoir sans partage par tous les moyens. Il a ajouté que la situation actuelle du pays était plus qu’éloquente à ce sujet.

M. Faustin Twagiramungu a ensuite énuméré sept événements importants qui avaient marqué cette guerre :

— les assassinats de paysans par le FPR dans la préfecture de Byumba dans le nord du pays. Ils provoquèrent la panique et furent la cause de l’exode d’un nombre croissant de déplacés qui s’élevait à près de 300 000 en juin 1992. M. Faustin Twagiramungu a précisé qu’il avait visité les camps de déplacés à l’époque et qu’il avait pu constater lui-même la misère de ces gens contraints à l’exil dans leur propre pays ;

— la libération de la prison de Ruhengeri dans le nord‑ouest du Rwanda. Cette opération avait fortement affaibli la crédibilité du gouvernement rwandais et fait prendre conscience au peuple rwandais de la gravité de la guerre ;

— l’assassinat de paysans du Bugesera, au sud de Kigali, par les agents du MRND ;

— le massacre des paysans bagogwe par les agents du MRND dans les préfectures de Ruhengeri et Gisenyi, ainsi que les massacres de Kibilira dans cette même préfecture ;

— les massacres de paysans hutus par le FPR, dans la sous‑préfecture de Kirambo, préfecture de Ruhengeri, dans le nord du pays ;

— la reprise des hostilités à grande échelle par le FPR, en février 1993 ; sous prétexte d’arrêter les massacres, le FPR avait fait progresser ses troupes jusqu’à vingt kilomètres de Kigali et s’était emparé d’une bonne partie de la préfecture de Byumba ;

— la fuite des habitants des préfectures de Ruhengeri et de Byumba devant le FPR et leur installation à six kilomètres de Kigali, ce qui représentait environ un million de personnes sans abri, éparpillées dans une région affectée par la guerre.

M. Faustin Twagiramungu a ajouté que, malgré la guerre, le processus de démocratisation avait continué dans le pays. Il a fait observer que le gouvernement de transition avait dû cependant concentrer, à partir de juin 1992, tous ses efforts sur les négociations de paix, plutôt que sur l’organisation de la conférence nationale alors que celle‑ci avait, de façon remarquable, mobilisé un très grand nombre de personnes parmi la population. Il a indiqué que la guerre avait également provoqué le clivage des partis politiques entre une tendance dite modérée, qui soutenait le retour pacifique des Rwandais tutsis dans le cadre de la signature d’un accord de paix et une autre dite Hutu Power, proche du MRND, dont les membres ne voyaient comme solution qu’une victoire militaire des FAR sur les forces du FPR, quel qu’en soit le prix. Il a précisé que ceux qui voulaient la paix négociée, comme lui‑même, étaient globalement traités par les autres de “ complices ” du FPR.

Abordant alors le rôle de la France dans le processus de démocratisation au Rwanda, M. Faustin Twagiramungu a expliqué que celui-ci avait été important. Il a précisé qu’il s’était manifesté de deux façons, d’abord par le rappel de la nécessité du respect des exigences de l’Etat de droit, des droits de l’homme et des principes démocratiques pour permettre un développement harmonieux, selon la doctrine développée à La Baule par le Président François Mitterrand, ce rappel valant pour tous les pays africains bénéficiant de l’aide de l’Etat français, mais aussi par une action beaucoup plus concrète : en effet, la France intervenait pour donner des conseils aux partis politiques naissants, expliquer ce qu’était la démocratie et, en même temps, exerçait des pressions sur le Président Habyarimana en vue de laisser ces partis continuer leur activité malgré la guerre qui pesait lourdement sur le pays.

Il a cité l’exemple d’une visite à Kigali de M. Paul Dijoud, alors Directeur des Affaires africaines au Quai d’Orsay, au cours de laquelle celui-ci, ayant réuni les responsables des partis d’opposition, leur avait dit d’aller de l’avant mais tout en recherchant une meilleure collaboration avec le Président de la République rwandaise.

Il a également expliqué que les responsables des partis politiques de l’opposition, dont lui‑même, alors président du MDR, étaient même parfois venus à Paris pour rencontrer les autorités chargées du dossier du Rwanda, et qu’à Kigali, ces mêmes responsables de partis rencontraient souvent l’ambassadeur de France, M. Georges Martres puis M. Jean‑Michel Marlaud, pour discuter des questions relatives à la démocratisation du pays ainsi que des questions liées à la guerre et aux négociations d’Arusha.

Il a estimé que ce sont ces rencontres, jointes à la pression de la France sur le Président de la République du Rwanda et sur son parti, le MRND, qui avaient permis d’amorcer les véritables négociations de paix avec le FPR. Il a insisté sur le fait que les contacts préliminaires entre le Gouvernement rwandais et le FPR, qui avaient permis de fixer le calendrier des négociations et de définir les points essentiels à débattre lors des rencontres suivantes, avaient eu lieu à Paris du 6 au 8 juin 1992, sous les auspices de la France.

S’agissant de la guerre, il a estimé qu’il était normal, eu égard à l’isolement et à la pauvreté de son pays, que le Président Habyarimana ait eu besoin d’une assistance et qu’il s’agissait alors, non pas d’organiser le génocide mais bien de défendre un pays attaqué.

M. Faustin Twagiramungu a alors traité de la coopération franco‑rwandaise.

Il a rappelé que, peu après son indépendance, le Rwanda avait fait le choix d’adhérer aux organisations régionales réunissant tous les pays francophones d’Afrique, et qu’il avait ainsi été agréé en 1962 comme membre de l’UAM, l’Union africaine et malgache, devenue plus tard l’Organisation commune africaine et malgache, l’OCAM, ainsi que des organisations spécialisées de cette institution, telle que l’UAMTP ou l’UMCA qui avait son siège à Kigali et qui formait les ingénieurs en statistique.

Il a ajouté que l’arrivée au pouvoir du Président Habyarimana en 1973 avait permis le renforcement de la coopération bilatérale entre le Rwanda et la France, qui avait conduit notamment à la conclusion d’un accord de coopération militaire en 1975, le Rwanda diversifiant ainsi, comme c’était son droit, ses partenaires.

Il a estimé que les rapports entre le Président François Mitterrand et le Président Habyarimana n’étaient pas privilégiés, mais qu’ils résultaient, à son avis, d’une coopération qui s’était tissée au fil du temps. Il a précisé que ces rapports n’étaient pas sans intérêt pour un petit pays comme le Rwanda, lequel, bien qu’il n’ait pas été colonisé par la France, aspirait à entretenir, comme il est naturel, de bonnes relations avec une grande puissance. Il a ajouté que le Rwanda d’alors étant un pays francophone, la population rwandaise était prédisposée, si l’on tient compte de la dimension culturelle, à communiquer plus facilement avec le peuple français.

Il a précisé que la coopération franco‑rwandaise avait permis, entre autres, la création d’une gendarmerie nationale, ainsi que la formation des officiers gendarmes, et que l’école de la gendarmerie nationale, l’EGNA, située à Ruhengeri et très bien connue de la population, était le fruit de cette coopération.

Il a ajouté que la coopération franco‑rwandaise loin de se limiter aux questions de sécurité, s’étendait à d’autres domaines, notamment économique et surtout socioculturel et que la France, par l’intermédiaire de la Caisse de coopération économique, avait assisté le Rwanda dans divers projets de développement. Il a cité la construction d’une école primaire, appelée Ecole française, d’un lycée, du centre culturel franco-rwandais de Kigali, la formation d’agronomes au groupe scolaire de Butare, l’envoi de professeurs à l’université nationale du Rwanda et dans divers collèges, l’attribution de bourses aux étudiants rwandais pour leur permettre de venir en France, la prise en charge de l’hôpital de Ruhengeri, la promotion du tourisme, avec la construction des hôtels Méridien de Kigali et de Gisenyi, la construction du centre d’accueil des chefs d’Etat de la conférence franco-africaine, le jumelage entre la préfecture de Butare et le département du Loiret et l’élargissement de la coopération militaire, qui avait été limitée dans un premier temps à la formation de la gendarmerie.

M. Faustin Twagiramungu a alors jugé que l’intervention de la France, en même temps que celle de la Belgique et du Zaïre en octobre 1990, s’inscrivait non seulement dans le cadre précis des accords de coopération militaire, mais aussi dans celui des bonnes relations établies entre les deux pays.

Il a rappelé que, si l’opposition avait dénoncé les crimes du Président Habyarimana, en particulier l’assassinat mystérieux de son prédécesseur et de certains de ses ministres, si elle l’avait mis en cause pour sa façon contestable de gouverner et notamment pour le népotisme qui prévalait dans son entourage, si elle avait dénoncé la constitution d’une armée régionale en lieu et place d’une armée nationale, le manque d’un projet de société répondant aux aspirations des citoyens à vivre ensemble et l’avait régulièrement traité de dictateur, et même de dictateur fatigué, jamais le Président Habyarimana n’avait été accusé d’être l’ennemi des Tutsis. On disait même au contraire que le coup d’Etat qu’il avait fait les avait favorisés, et qu’en tout état de cause, il leur avait ouvert le secteur privé où ils étaient devenus prospères.

C’est pourquoi M. Faustin Twagiramungu a incité les analystes de la crise rwandaise à éviter l’amalgame entre la question des Tutsis de l’intérieur sous le régime du Président Habyarimana et celle des réfugiés tutsis établis dans les pays limitrophes depuis trente ans. Il a précisé que les différences entre eux étaient grandes notamment sur le plan culturel. Il a ajouté que la guerre dite de libération n’avait jamais été souhaitée, ni par les Tutsis de l’intérieur d’une manière générale, ni par les Hutus de l’opposition, ni même par un certain nombre de réfugiés pour lesquels la question de leur retour pacifique était en passe d’être réglée.

S’agissant du détachement Noroît et des conditions de son départ, M. Faustin Twagiramungu a exposé qu’après l’attaque du FPR dans la région de Ruhengeri et de Byumba, en février 1993, il avait été convenu d’envoyer une délégation commune réunissant les partis politiques d’opposition et le parti du Président Habyarimana, le MRND, à Bujumbura. Cette délégation devait négocier avec le FPR le retrait de ses troupes de la région de Byumba et des abords de Kigali. Le MRND ayant refusé à la dernière minute de se joindre à la délégation, seuls les représentants des partis politiques de l’opposition se rendirent à Bujumbura. Ils y retrouvèrent la délégation du FPR. Celle‑ci s’avéra déterminée à n’accepter le retrait de ses forces que si les forces françaises acceptaient de faire de même en quittant le Rwanda. Autrement dit, pour que les négociations de paix puissent continuer, pour que les forces du FPR se retirent de la zone qu’ils occupaient et que celle‑ci soit démilitarisée, le détachement Noroît devait partir. Comme les partis politiques d’opposition privilégiaient la solution négociée et que les accords de paix d’Arusha prévoyaient le déploiement d’une force militaire internationale, un compromis associant le retrait du FPR des zones occupées en février 1993 et le départ des troupes françaises leur était apparu comme acceptable. C’est pourquoi les partis d’opposition recommandèrent au gouvernement d’examiner le retrait des troupes françaises. M. Faustin Twagiramungu a alors précisé que ces troupes avaient quitté le Rwanda lors de l’arrivée des forces de la mission des Nations Unies au Rwanda au mois de novembre 1993.

Evoquant alors la signature de l’accord de paix d’Arusha et les difficultés de sa mise en application, M. Faustin Twagiramungu a expliqué que cette signature, négociée pendant quatorze mois sous l’égide de l’OUA, de l’ONU et de grandes puissances dont la France, l’Allemagne, les Etats‑Unis et la Belgique, avait donné espoir au peuple rwandais qui croyait ainsi se mettre à l’abri d’une débâcle. Il a ajouté que tous, y compris le Président Habyarimana, étaient alors convaincus que la paix était possible au Rwanda, mais que l’assassinat, le 21 octobre 1993, par des militaires extrémistes de l’armée burundaise à dominance tutsie, du Président burundais, Melchior Ndadaye, Hutu, et premier Président démocratiquement élu dans son pays, avait terriblement ébranlé la confiance des Rwandais dans les chances d’une coexistence pacifique fondée sur le partage du pouvoir entre les composantes de la société rwandaise, telle que la prévoyait l’accord de paix.

Il a ajouté que le retard de plus de deux mois dans la constitution et l’envoi de la force internationale au Rwanda, la MINUAR, dont l’arrivée était initialement prévue dans les trente‑sept jours suivant la signature de l’accord, avait été un autre facteur d’hésitation dans sa mise en application. En effet, le gouvernement de transition à base élargie (GTBE) prévu par l’accord d’Arusha n’ayant pas pu être mis en place à la date prévue, à cause du retard du déploiement des forces de la MINUAR, le parti CDR, Coalition pour la défense de la République, profita de ce délai pour réclamer sa participation aux institutions alors qu’il avait auparavant refusé de signer le code d’éthique politique qui constituait une condition préalable à cette participation.

Il a précisé que cette manoeuvre, qui modifiait les termes de l’accord de paix, avait donné au FPR l’occasion de radicaliser ses positions. Le FPR refusa d’envoyer ses députés à la cérémonie de prestation de serment pour la mise en place du parlement de transition à base élargie, prévue par l’accord de paix, et se mit ouvertement à préparer la guerre, au vu et au su de tout le monde.

M. Faustin Twagiramungu a cité plusieurs signaux qui montraient qu’on allait vers la guerre : les gens creusaient sans relâche des tranchées en pleine capitale, le FPR transportait clandestinement ses militaires de la zone de Mulindi, sous son contrôle, vers le casernement qui lui avait été accordé par les accords d’Arusha dans la ville de Kigali de façon à accroître son effectif en prévision des combats.

Il a ajouté que le Président Habyarimana avait tenté en vain de s’entretenir en tête à tête avec le général Kagame pour essayer d’aplanir les divergences quant à la mise en place des institutions, avant l’installation du bataillon du FPR dans la capitale. Le Président Museveni avait en effet accepté d’organiser à Entebbe au mois d’octobre 1993 une rencontre entre les parties. En sa qualité de Premier Ministre désigné par les accords de paix, M. Faustin Twagiramungu faisait partie de la délégation du Gouvernement rwandais. Cependant, après les civilités d’usage, il ne put y avoir de tête-à-tête entre les deux protagonistes, le Général Kagame ayant refusé de s’entretenir avec le Président Habyarimana.

M. Faustin Twagiramungu a indiqué que, déçu par ce manque d’ouverture de la part d’un adversaire politique mais futur partenaire, le Président Habyarimana s’était résolu lui‑même à radicaliser ses positions mais que cette radicalisation n’avait profité qu’au Général Kagame qui en avait fait une exploitation politique, et surtout médiatique, pour diaboliser davantage son adversaire.

Il a rappelé que l’accord d’Arusha n’avait laissé aucun pouvoir au Président Habyarimana, sauf celui de cosigner avec un Premier Ministre de l’opposition certaines lois et documents officiels et qu’après vingt ans de pouvoir sans partage, il pouvait être difficile pour un dictateur de se rendre compte que l’accord qu’il avait signé lui-même mettait presque fin à ses fonctions.

Il a ajouté que les rumeurs de destitution future du Président Habyarimana propagées à Kigali par le FPR avaient contribué encore davantage à renforcer sa résistance à l’application de l’accord de paix et à lui faire rechercher des appuis dans d’autres partis politiques en vue de constituer une minorité de blocage au Parlement. Il a ajouté que, le 5 janvier 1994, c’est parce que le Président Habyarimana croyait avoir atteint son objectif de disposer de cette minorité de blocage, qu’il avait accepté de prêter serment conformément à l’accord de paix d’Arusha, sans se soucier en revanche des procédures légales régissant la désignation des membres du parlement de transition à base élargie.

Il a alors énuméré les principales raisons qui ont entravé la mise en application de l’accord de paix d’Arusha : la formation et l’entraînement des milices ; la politisation de l’armée ; la radio des Mille collines ; la division du MRND en des factions non déclarées ; le bras de fer entre le Premier Ministre de l’opposition et le Président de la République ; le départ des militaires français ; la présence du bataillon du FPR à Kigali ; la faiblesse de la MINUAR ; la faiblesse de la gendarmerie rwandaise et son manque de neutralité ; la division des partis en deux factions, modérée et Hutu power ; la monopolisation des négociations de l’accord de paix par certains ministres de l’opposition et le FPR ; la marginalisation du Président de la République ; les menaces non réprimées des extrémistes du parti CDR soutenus par certains extrémistes du MRND ; la distribution d’armes par le FPR et le MRND aux membres de certaines formations ; la propagande du FPR sur Radio Muhabura ; l’incompétence du représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, le Camerounais Jacques‑Roger Booh‑Booh et de ses collaborateurs civils, inexpérimentés dans la résolution des conflits ; le conflit d’autorité entre le Général Romeo Dallaire, commandant la MINUAR et le représentant spécial du Secrétaire général ; la préparation de la guerre par le FPR, et notamment le déploiement de ses agents à travers le pays dans le but d’y créer la confusion et d’inciter les populations à la violence ; l’assassinat du Président du parti CDR, Martin Bucyana, en février 1994, et auparavant celui du Ministre Gatabazi, Secrétaire exécutif du parti social démocrate PSD, et les massacres qui s’en sont suivis à Kigali. Il a précisé que les extrémistes des deux bords espéraient que ces incidents graves allaient favoriser la reprise des hostilités et mettre ainsi un terme à l’accord de paix.

Il a estimé qu’au regard de l’ensemble de ces événements dramatiques, le rôle de la France n’était peut-être pas primordial.

Abordant alors la période du génocide, M. Faustin Twagiramungu a exposé qu’un peu plus de deux mois après le début des tueries, c’est‑à‑dire très tardivement, la France, seule contre tous, était parvenue, difficilement, à faire adopter une résolution au Conseil de sécurité des Nations Unies pour une intervention au Rwanda, afin d’empêcher le massacre des populations innocentes dans le sud du pays, où il était encore possible d’intervenir, intervention qui prit ensuite le nom d’opération Turquoise.

Il a jugé que la France avait fait son possible dans cette zone, qu’elle avait soigné les blessés et les malades, allant même dans certains cas jusqu’à enterrer les morts laissés sur les routes et dans les brousses par les Interahamwe, et surtout qu’elle avait permis de sauver des vies humaines.

Il a précisé que le Président ougandais lui avait lui‑même confirmé, le 3 juillet 1994, lors d’une audience qu’il lui avait accordée dans sa résidence privée, dans le sud‑ouest de l’Ouganda, que la zone humanitaire sûre avait été créée après qu’il eut été consulté par la France. Le souhait du Président français, selon M. Museveni, était non seulement de créer une ligne de démarcation entre cette zone et la zone occupée par le FPR mais aussi d’arrêter les massacres et la guerre et d’inviter les belligérants à négocier un cessez-le-feu. Le Président ougandais aurait, selon ses termes, communiqué cette option au Général Kagame qui l’aurait refusée, préférant continuer la guerre jusqu’à la victoire finale.

M. Faustin Twagiramungu a jugé évident que, si les forces américaines, françaises et belges, stationnées au Rwanda et dans la région, en attente de l’évacuation de leurs ressortissants respectifs au début du génocide, avaient été autorisées à temps, par une résolution des Nations Unies, à se transformer en force d’imposition de la paix, le génocide et les massacres n’auraient certainement pas eu lieu.

Il a ajouté que les Nations Unies avaient commis une erreur très grave en acceptant le retrait de la plupart des forces de la MINUAR pendant le génocide au lieu de renforcer ses effectifs et en n’ayant pas, face à la gravité de la situation, changé son mandat. Il a estimé que si la France, accusée à cette époque d’avoir soutenu le Président Habyarimana, ne pouvait pas intervenir seule malgré sa bonne volonté, en revanche, il était difficile de comprendre les raisons pour lesquelles les Etats‑Unis et la Grande-Bretagne ou d’autres pays, n’avaient pas pris conscience que le génocide en cours devait être arrêté par tous les moyens, au lieu de s’en tenir au syndrome somalien ou à la mort des dix Casques bleus belges.

Il a considéré que cette attitude était d’autant plus insupportable que près d’un million de personnes ont trouvé la mort dans l’indifférence totale de la communauté internationale.

En revanche, il a estimé que l’opération Turquoise, bien qu’elle soit intervenue tardivement, et malgré les suspicions qui l’entouraient, avait été appréciée et jugée très favorablement par les Rwandais et que ceux‑ci en avaient grandement besoin.

Il a cité un témoignage tiré des messages adressés par des déplacés, au nombre desquels se trouvaient des fonctionnaires du gouvernement actuel de Kigali : “ Les déplacés de la zone humanitaire sûre à Kibuye sont reconnaissants envers les militaires français de l’opération Turquoise et de la manière dont ils ont assuré la sécurité et l’encadrement, et leur assistance. Les déplacés de la zone humanitaire sûre à Kibuye remercient le gouvernement français pour avoir mis sur pied une telle opération au moment où la communauté internationale semblait être indifférente à la tragédie qui se déroulait au Rwanda. Par cette opération et par d’autres actions qui l’ont accompagnée ‑aide médicale, aide alimentaire et matérielle‑ la France a démontré que son amitié envers l’Afrique en général, et envers le Rwanda en particulier, allait au-delà de toutes considérations. ”

Concernant l’assassinat du Président Habyarimana, qui a servi de détonateur au génocide, M. Faustin Twagiramungu a rappelé les deux hypothèses avancées par l’opinion nationale et internationale selon laquelle l’attentat est, soit l’oeuvre de militaires extrémistes des FAR farouchement opposés à la mise en place du gouvernement de transition à base élargie, issu des accords de paix d’Arusha, soit l’oeuvre du FPR, avec la complicité possible du Président ougandais ou encore d’une main occidentale.

Il s’est étonné que, quatre ans après, rien ne permette d’infirmer ou de confirmer l’une ou l’autre de ces hypothèses, et cela parce qu’aucune enquête officielle n’a été menée ni par le Gouvernement rwandais, ni par la communauté internationale, alors que le Président d’un pays étranger a également péri dans cet attentat du 6 avril 1994. Remarquant que la France aussi aurait dû s’efforcer de faire procéder à cette enquête, ne fût-ce que pour éclaircir les circonstances de la mort de ses ressortissants qui composaient l’équipage de l’avion présidentiel, il a cependant estimé que ses relations avec le régime actuel ne s’y prêtaient pas.

Il a jugé nécessaire que des questions essentielles soient éclaircies pour sortir de la confusion actuelle, et que l’on sache notamment pourquoi le régime de Kigali s’oppose à toute enquête sur cet attentat alors que c’est l’élément qui a déclenché le génocide et les massacres d’avril à juillet 1994. Il a fait valoir que, s’il s’avérait qu’il est étranger à cette affaire, les soupçons qui pèsent sur lui seraient dissipés.

Il a déclaré que lui‑même, lorsqu' il était encore Premier Ministre, avait soulevé en Conseil des Ministres la question d’une enquête nationale ou internationale sur l’attentat mais que le Président et le Ministre de la Défense lui avaient répondu que ce n’était pas une priorité pour le pays, et que pour les autres Rwandais assassinés, aucune enquête n’avait été menée.

Il a également fait remarquer qu’au début de l’année 1995, lorsque le Gouvernement du Burundi a officiellement demandé au Gouvernement rwandais de mener une enquête pour élucider les circonstances de la mort du Président Cyprien Ntaryamira, la vice-présidence et la présidence de la République rwandaise ont réagi d’une façon pour le moins suspecte : le Ministre de la Justice d’alors, M. Nkubito, à qui le dossier avait été confié, a adressé une lettre au représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, sollicitant son concours, mais le Directeur de cabinet du Président, accompagné de hauts cadres de la vice-présidence, a été dépêché très rapidement auprès du Ministre de la Justice avec l’ordre de rattraper l’original de la lettre avant qu’elle ne parvienne aux bureaux du représentant spécial et de le détruire ainsi que les copies éventuellement distribuées, ce qui revenait à retirer ainsi la demande d’enquête. M. Faustin Twagiramungu a précisé qu’il existait des témoins de ce qu’il avançait, et que ceux‑ci étaient même dans l’assistance.

S’agissant du rôle des armées étrangères dans la guerre du Rwanda, il a ajouté qu’on avait l’impression, lorsqu’on débat de cette question, qu’une seule partie n’avait pas le droit à l’assistance extérieure, c’est‑à‑dire, curieusement, l’agressé, le gouvernement légitime du Rwanda et ce pays lui‑même, comme si l’autre partie au conflit avait mené la guerre pendant quatre ans avec des pierres et des bâtons. S’étonnant de ce parti pris, il s’est demandé pourquoi, alors qu’aujourd’hui l’on s’empresse pour désigner les fournisseurs d’armes du gouvernement rwandais de l’époque 1990-1994 ‑la France, l’Afrique du Sud et l’Egypte‑ personne ne veut, en revanche, évoquer le rôle de l’armée ougandaise ‑la National Resistance Army (NRA)‑ dans cette guerre, ou même s’interroger sur les fournisseurs d’armes du Front patriotique rwandais, comme si celui‑ci n’avait eu besoin ni de moyens, ni d’assistance pour prendre le pouvoir à Kigali.

Il a mentionné l’arrestation, relatée en septembre 1992 par la presse américaine, d’un Américain et d’un Ougandais, à l’aéroport d’Orlando en Floride, au moment où ils s’apprêtaient à embarquer pour l’Ouganda, de façon illicite, une cargaison d’armes dans laquelle se trouvaient des missiles antichars et des lance‑missiles, d’une valeur de 18 millions de dollars. Il a précisé que le capitaine ougandais arrêté s’appelait Innocent Bisangua et qu’il était l’adjoint du secrétaire particulier du Président Museveni et le beau-frère de Peter Banyingana, Major de la NRA et membre du FPR, tué lui aussi au Rwanda, pendant la guerre, en octobre 1990.

Il s’est demandé pourquoi, si ces armes n’étaient pas destinées à un tiers, l’Ouganda, qui n’était pas sous embargo, n’avait pas passé sa commande par les voies autorisées et s’est étonné que ce type de questions ne soit jamais posé alors que le Rwanda, au contraire, était sans cesse mis en accusation.

Il s’est interrogé également sur la présence, à la veille du 6 avril 1994, d’un détachement de Marines américains à Bujumbura, avec, selon les termes du Colonel belge Marchal devant la Commission parlementaire d’enquête du Sénat belge, des hélicoptères de combat, et surtout sur les raisons de l’empressement de ce détachement à proposer ses services à la MINUAR, avant même l’assassinat des Présidents rwandais et burundais. Il s’est demandé si cette présence n’aurait pas eu un lien direct avec la présence à Kigali, l’après-midi du 6 avril 1994, de l’attaché militaire américain auprès du Rwanda et du Burundi, résidant au Cameroun, qui a organisé l’évacuation des ressortissants et du personnel de l’ambassade américaine au Rwanda, le 8 avril 1994.

M. Faustin Twagiramungu a ensuite achevé son exposé faisant état des crimes qu’il attribue au FPR.

Il a souligné que, le 6 novembre 1994, alors qu’il était lui‑même encore Chef du Gouvernement, son parti, le MDR, dont il était Président, avait dénoncé les crimes du FPR et son incompétence dans un document de trente-deux pages. Il a précisé que ce document, qui était public, dénonçait franchement un second génocide, perpétré par le FPR, ainsi que les méthodes qu’il utilisait pour exterminer ses opposants, tous qualifiés d’Interahamwe, ce terme désignant, pour ses éléments extrémistes, les Hutus d’une façon générale.

Ajoutant que personne ne naissait extrémiste, il a exposé que, de 1990 à 1994, la communauté internationale avait préféré ignorer les crimes du FPR commis dans le nord du pays, alors que presque un million de personnes avaient fui cette région pour échapper aux massacres systématiques de 1991 et 1993.

Il a jugé que, d’avril à juillet 1994, il y avait eu une sorte de compétition dans l’extermination des populations, entre les soldats du FPR et les Interahamwe, dans les régions sous leur contrôle. Il a également insisté sur le fait que, de juillet 1994 à mai 1998, les crimes n’ont jamais cessé et se sont même étendus aux camps de réfugiés de l’ex‑Zaïre, le FPR, qui considérait les réfugiés globalement comme des criminels, les ayant poursuivis et en ayant massacré sans doute plus de 200 000 tout au long de leur exode. Il s’est scandalisé du silence qui a régné sur ces faits et de l’interprétation selon laquelle tous ces réfugiés étaient des criminels et des Interahamwe. Il a déclaré que le fait que les Rwandais hutus restaient impuissants devant ces crimes ne les leur faisait pas oublier pour autant.

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