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L’homme qui pourra nous faire pardonner les dérapages qui ont conduit au génocide, c’est l’homme qui saura enseigner la pénitence, l’amour, le pardon et la réconciliation. Si toi, Twagiramungu, tu es cet homme, alors je t’adresse ce message.
Les rwandais peuvent être naïfs mais pas pour autant être amnésiques. Le
Candidat du FPR en a pris conscience, apparemment. Toi aussi, d’ailleurs. Comme beaucoup d’entre nous, tu aurais pêché par omission, par ignorance, naïveté, cupidité, égoïsme et j’en passe. Comme ces autres animaux malades de la peste, dit de La Fontaine (la faim, l’occasion, l’herbe tendre ainsi, je pense, quelque diable me poussa, je tondis de ce pré la largeur de ma langue …) ; tu as bu à la lie de cette coupe pour des raisons apparentes que tout un chacun peut imaginer, mais aussi pour d’autres raisons beaucoup plus profondes dont tu seras, si Dieu le veut, seul maître gardien.
Comme les animaux malades de la peste, en 1990, l’oligarchie = l’imposture, le népotisme, le régionalisme et le culte de la personnalité a fait que des révolutionnaires deviennent des révoltés, que des militants deviennent des provocateurs, des délateurs, des traîtres, des criminels (in Les pensées d’antan par B. Suku, Kigali, juillet 1991). Aujourd’hui, tu es, encore une fois, investi d’une mission qui pourra t’honorer ainsi que tout le peuple rwandais. Il faut que tu mérites à jamais la confiance de ce peuple longtemps bafoué, meurtri et trahi. Le peuple qui te soutient, veut te l’entendre dire. Proclame-le dans tes prochains meetings. Sans attendre d’être absous, tu seras béni par lui. Et si jamais il y aurait ratage ou dérapage, alors les haricots seront encore cuits pour toi-même et tout le peuple qui t’aura suivi. Moi y compris !
Bernard Suku
Lille, le 06 août 2003
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