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Mot du Président
Aujourd'hui nous nous trouvons face à des défis importants. Le plus
important de ces défis reste celui de libérer notre pays de la dictature et
de l'exclusion. C'est un devoir de chacun citoyen conscient du danger que
constitue le pouvoir d'un seul homme. Ce devoir sera accompli efficacement
en passant par des voies démocratiques et pacifiques qui nous sont offertes.
Bien que que ces voies demeurent encore marquées par d'obstacles, nous
devons pas craindre de les emprunter et de lever ces obstacles au fur et à
mesure que nous progressons dans notre combat.
Au cours de sa longue histoire, notre pays a connu des périodes de violences
inouïes, des violences provoquées par les dirigeants pour prendre le pouvoir
et pour le maintenir, ou pour élargir les dimensions de notre pays. A
l'heure actuelle les stratagèmes de violence et de terreur ne devraient plus
être envisagés sous n’importe quel prétexte, ni de pouvoir ni de reconquête
de nos territoires perdus à l'époque coloniale. Ils sont un fait d'un passé.
De plus, si même souvent l'usage des armes est inévitable pour se libérer de
la dictature, aujourd'hui il est à écarter car il mettrait non seulement le
régime de Kigali très à l'aise, mais encore les conditions internes de notre
pays et notre région ne s'y prêtent pas.
Il ne faut pas, par maladresse, offrir des occasions rêvées au régime de
Kigali de manifester sa puissance terrifiante contre son peuple sous
prétexte de combattre ses ennemis qui menacent la sécurité nationale. La
résistance des démocrates rwandais, partout où ils sont, consistera à
brandir l’arme de la paix et de la démocratie. Le rejet de la violence
incitera les dirigeants rwandais à renoncer à leur profession de l’ usage
des armes. Et ce sera là la première victoire du peuple rwandais sur la
dictature militaire qui sévit dans notre pays.
Toutefois les Rwandais ne prendront les armes que par devoir patriotique
contre le régime actuel. Ce sera lorsqu'il sera établi que la voie
démocratique et pacifique souhaitée est impraticable suite aux intimidations
violentes, l'exclusion permanente, la fraude électorale, les emprisonnements
sans cause et toute autre forme de résistance injustifiée du régime au
changement démocratique et pacifique que nous envisageons.
Pour une cause juste, comme celui de se libérer, l'usage des armes est une
obligation nationale surtout lorsqu'il est la seule voie de recours. Pour
jouir de leur libeté tous les peuples opprimés du monde sont passés par
cette voie obligée. J'espère que le régime actuel soutenu par les pays les
plus démocratiques du monde a beaucoup appris d'eux et qu'il s'efforcera
d'épargner le peuple rwandais de vivre d'autres tragédies.
La voie démocratique, tracée sur le fondement d'une constitution
véritablement concertée et adoptée avec le consentement de tous les
citoyens, me paraît la seule et la meilleure solution à nos problèmes dans
les conditions actuelles.
Que vive la paix et la démocratie au Rwanda.
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