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                                                  La politique continue au Rwanda

Candidat Président Rwandais: Faustin TWAGIRAMUNGU


                  ©  
twagiramungu.net

Ancien Premier Ministe et Candidat Président rwandais:  Faustin Twagiramungu

Je me présente à mon peuple et j’essaie de lui faire partager mon idéal d’unité des Rwandais, de la gestion de leur destinée dans tous les domaines et dans leur pays et je l’invite à me soutenir pour pouvoir reconstruire ensemble notre beau pays. Élu, je m’engagerai à restaurer un régime démocratique dans mon pays et rétablir, aussi, un environnement pacifique dans la région des Grands Lacs. De plus, comptant sur mon expérience politique, je me trouve en bonne position pour résoudre les problèmes ethniques et en douceur et ceux d’intérêt général dans différents domaines de notre économie et de notre vie politique nationale.

Les guerres civiles et hégémoniques, la pauvreté, la maladie, la corruption, l'absence de liberté individuelle, la peur, le culte de personnalité et le système oligarchique "akazu" restauré seront combattus pendant ma campagne électorale et, après mon élection, des mesures sérieuses seront prises pour les éradiquer.

Dans ce document je me présente comme le candidat du renouveau, le candidat d’une révolution des mentalités et d’une espérance. Lutter contre impunité et l’injustice, restaurer la démocratie dans mon pays et déployer tous mes efforts pour son développement harmonieux sur le plan économique et social dans le strict respect des institutions solides reflétant la volonté du peuple rwandais: c'est mon objectif.

Ces derniers temps, les Rwandais ont fait des réflexions profondes sur la situation sociopolitique, historique, économique et culturelle de leur pays, analysant les régimes monarchiques et républicains qui s’y sont succédés.

Ils réfléchissent encore davantage sur la situation du Rwanda de demain ; surtout après le génocide rwandais de 1994 et les nombreuses crimes contre humanité, comme les actes de génocide commis contre les réfugiés rwandais et contre le peuple de la République Démocratique du Congo pillé de ses richesses, suite aux tentatives de consolidation d’une politique hégémonique dans la région par le régime actuel de Kigali.

De toutes ces réflexions, il en résulte un constat de déception, d’incertitude et de méfiance à ce régime belliqueux. Face à cette situation, le peuple rwandais se pose silencieusement des questions qui demeurent sans réponses. Il cherche des leaders pour le guider vers des destinées meilleures et lui donner l’espoir de vivre en paix durable dans leur propre pays.

Dans les conditions actuelles, la communauté internationale devrait se rendre à l'évidence, tirer les leçons de la récente tragédie et opérer un choix clair et juste entre deux alternatives: démocratie ou dictature.

Impuissant, ce peuple croit que ses revendications méritent une solution d’espoir, qui passe par la voie du changement démocratique et d’une nouvelle orientation politique. Tout compte fait, il appartient à ce peuple d’agir et agir sagement et correctement, non seulement dans l’intérêt de son pays mais aussi dans celui de ses partenaires pour trouver, ensemble, des solutions adaptées à l'évolution de notre politique sur le plan interne, régional et global.

Ce changement n'est pas facile lorsque le climat politique actuel ne laisse que des horizons sombres, dans le Rwanda libéré, mais il est nécessaire.

Le discussion, souvent incohérente et contradictoire, de ceux qui sont en charge actuellement de la destinée du peuple rwandais, vise à supprimer son histoire. Aucun repère n’est permis pour nous servir de positionnement dans notre propre pays. Pour eux, tout est «génocide». Tous les leaders républicains, sauf l’actuel Président, le Général Major Paul Kagame, sont indignes et assassins. Pour eux, il n'y a plus d’histoire sauf la leur. C'est évidemment inadmissible. Ce discours, souvent arrogant, à l’égard de la mémoire collective du peuple rwandais ainsi qu’à l’opinion internationale, dissimule mal le présent invivable et compromet gravement le l’avenir, resté incertain depuis que le FPR est au pouvoir.

La libération de Rwanda tant chantée par les « patriotes » du Front Patriotique Rwandais, n’a été, et n’est plus, qu’un simple slogan qui sonne mal face à la réalité. Après cette « libération », les Rwandais ont été impunément massacrés, meurent de faim ou fuient le pays quotidiennement. Parmi les exilés de ces dernières années, il y a des hommes d'affaires qui, écrasés par le fardeau intolérable d'impôts et des taxes insupportables, accourent vers les pays tels que Malawi, Zambie, Mozambique, Angola et Madagascar pour y chercher leur le bonheur : C'est « la fuite des capitaux ». C'est un combat pour la vie que leur propre pays ne peut plus leur offrir. Quel dommage! A la grande espérance générée dans les esprits des Tutsis de la diaspora et de l'intérieur et des Hutus démocrates dits modérés, au moment de la victoire d’hier, ont progressivement succédé la déception ; le doute et la révolte silencieuse d’aujourd'hui.

Le processus de démocratisation entamé en 1990, les négociations consécutives à la guerre, centrées autour du partage du pouvoir entre le gouvernement rwandais et le FPR, la loi fondamentale qui en a été le fruit, toutes ces bases d’une paix durables se trouvent aujourd’hui bafouées avec un prétexte, ô combien émouvant, d’avoir arrêté le génocide.

Rescapé et victime moi-même de ce crime, je conçois mal comment celui-ci peut toujours servir de justificatif de tous les drames, de la mauvaise foi, de l'incompétence et des autres faiblesses flagrantes enregistrées au bilan actuel du FPR.

Le peuple rwandais a été déçu par le FPR. Celui-ci avait promis une démocratie qui a vite tourné en dictature.

La tradition de démocratie, qui est à la base de l'abolition de la monarchie et l'instauration de la République, est attaqué de l'intérieur par des réglementations incompréhensible, d'un caractère stalinien, et rongé surtout par le virus destructeur des intérêts bassement politiques, matériels et partisans.

De toute évidence, le sentiment qui prédomine actuellement au sein de l’immense majorité silencieuse rwandaise, soumise par la peur et la crainte de disparition, est que le processus de démocratisation, entamé en 1990 et a accepté comme tel par l'Accord de Paix d’Arusha en août 1993, est vidé de tout son contenu pour faire place à un système de parti unique, Front Patriotique Rwandais (FPR). Ce dernier est déguisé sous forme de « FORUM DES PARTIS » et le régime actuel de Kigali veut le rendre constitutionnel pour empêcher toute forme d’organisation ou d’expression politique en dehors de lui.

Il en va de soi que le changement tant souhaité par le peuple depuis 1990 ne pourra pas être jugulé par des manœuvres égoïstes, sans hypothéquer dangereusement une fois de plus l’avenir des Rwandais. Ce système communisant, aujourd’hui révolu, imposé au prix des crimes passés sous silence, est chargé de lourdes conséquences. Il faut en mesurer les dégâts à long terme, à moins de convenir de la nécessité de la démocratisation de la vie politique nationale. Cette voie exige le courage, voire le sacrifice des tenants actuels du pouvoir, mais en réalité elle constitue le seul remède des maux dont souffre notre pays.

Les Rwandais veulent se défaire d'un système obscur imposé par le régime issu lui-même des cendres de la violence et non de l’alternance pacifique et démocratique. Ils veulent la liberté de s’exprimer, la liberté d’adhérer à un parti politique de leur choix, la liberté de leurs actes, de leurs mouvements, de leurs pensées. En d'autres termes, ils veulent les acquis de la loi fondamentale, en l’occurrence, l’instauration des libertés démocratiques et le rejet définitif du parti unique, même déguisé ou voilé.

La question fondamentale aujourd'hui n’est pas de savoir, si oui ou non, il y a eu un génocide au Rwanda, une guerre civile, des «massacres interethniques » ou une guerre du FPR contre la RDC avec le prétexte d’y combattre les « génocidaires ». Le peuple rwandais victime de tous ces maux est en droit d’espérer des lendemains meilleurs, d’attendre des solutions appropriées à ses multiples souffrances. Il veut s’en sortir rapidement et dignement.

Dès lors la question fondamentale à l’ordre du jour est de consolider nos acquis du processus démocratique et de savoir si le fonctionnement du système politique et institutionnel national, l'organisation et la conduite des affaires politiques, sociales et économiques, obéissent aux règles et principes fondamentaux de la gestion démocratique, tant souhaités par le peuple rwandais, dans le respect des droits et devoirs de chaque citoyen tels que consacrés par les instruments nationaux et internationaux de protection des droits de la personne humaine.

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